Le Questionnement en Médiation

Le questionnement est connu sous le traditionnel QUOI ?, QUI ?, OU ?, QUAND ? COMMENT ? et avec QUELS MOYENS ?, POURQUOI ? attribué à Quintilien (Romain né en Espagne en 35 ap JC)

La Médiation suit pour beaucoup le schéma de ce questionnement.

Questionner consiste à poser un ensemble de phrases interrogatives pour connaître la problématique d’un sujet. Le questionnement est l’art de poser (ou de se poser) diverses interrogations adaptées à une situation. Le médiateur pose des questions pour que les participants puissent comprendre, évaluer, leur position, leurs options et celles de leur opposant dans leur conflit. Par ce moyen, le médiateur pourra approcher au plus près la problématique des médiants. L’art du médiateur ? Poser les bonnes questions, au bon moment, adaptées à la situation ou au problème qui lui est soumis et aux personnes qu’il rencontre pendant sa mission…

A – Les règles du questionnement :

– Le questionnement est le traditionnel : qui, quoi, où, quand, comment, combien, qui l’aide à connaître la position, les intérêts, les besoins, la problématique des médieurs et à maintenir l’écoute des participants.

– Le médiateur privilégie les questions ouvertes. Il évite les questions fermées qui sont souvent culpabilisantes ou à préjugés, infantilisantes, blessantes ou orientées.

– La simplicité des questions permet une plus grande compréhension de la part des médiants. Le médiateur fait attention à ne pas générer de nouveaux débats par des questions trop complexes et à ne pas faire s’enliser ou tourner en rond la médiation.

– Les questions d’approfondissement se font en évitant, si possible, de prononcer le mot « Pourquoi ? » également culpabilisant. Le tiers au conflit préfèrera les questions complémentaires au « Pourquoi » comme « Qu’est-ce que…? Comment… ? ». Ces questions lui servent à identifier les points sensibles qu’il lui faudra approfondir, à savoir s’ils sont les mêmes pour chacun des participants, à marquer d’une pierre blanche les avancées de la médiation ou à clarifier un point, à faire expliquer des invectives et calmer les protagonistes.

– Le questionnement devrait toujours aller :

      a – du simple au complexe,

      b – du passé vers le futur en passant par le présent,

      c – du subjectif vers l’objectif, c’est à dire en aidant les participants à extraire le problème de la gangue de leur ressenti pour qu’ils puissent le considérer dans sa dimension concrète, matérielle, objective.

– Les questions d’approfondissement seront privilégiées en évitant, si possible, de prononcer le mot « pourquoi ? » car il est emprunt de culpabilisation, de condamnation. Elles permettent :

– d’identifier les points sensibles à approfondir,

– de trouver les points sensibles, de savoir s’ils sont les mêmes pour chacune des parties,

– de classer les points évoqués par ordre d’importance

– de marquer d’une pierre blanche les avancées de la médiation ; si nécessaire, clarifier le terrain au niveau des ressentis, des invectives.

– de calmer les protagonistes en rappelant la règle du Respect.

B – Les buts du questionnement sont de permettre aux participants à la médiation :

– de s’exprimer en toute confidentialité : Rien de ce qui se dit en médiation ne doit en sortir. Des apartés pratiqués avec chacun des médieurs peuvent être utiles pour aider à l’expression d’une personne timide, bloquée ou récalcitrante. les caucus (tant avec un participant qu’avec l’autre) sont possibles : il n’y a pas de « principe du contradictoire » en médiation.

– d’être écouté : « Oui, je comprends ». Par son écoute, son attitude physique, le médiateur montre qu’il est attentif. La reformulation permet de vérifier qu’il a correctement écouté. Ce sont autant de moyens de démontrer qu’il écoute et qu’il encourage les médiants à s’exprimer.

– d’être compris : Le médiateur reformule ce qui a été dit pour s’assurer que lui-même et l’autre partie ont compris la personne qui vient de s’exprimer. Le médiateur sert de pont, de canal de compréhension, entre les deux protagonistes.

– d’être reconnu d’un point de vue subjectif. Le médiateur recherchera l’expression de la compassion par la partie auteur d’un acte (regrets, remords) en lui donnant l’occasion de reconnaître la souffrance de la victime. Ce sera aussi faire reconnaître la valeur de l’employé par l’employeur ou celle du travail d’un conjoint, d’un compagnon dans un couple. L’expression de la compassion par la partie auteur (regret, compassion) sera aussi la reconnaissance par l’autre de son ressenti.

– de donner au médiateur une image kaléidoscopique d’une situation pour qu’il en ait une approche globale.

Les questions évoluent, suivant les étapes de la médiation que sont schématiquement le Quoi, le Pourquoi, le Et si, puis le Comment…, en fonction des médiants eux-mêmes et de leur problématique de leur conflit… C’est au médiateur de s’adapter à ce que Thomas FIUTAK appelle la culture des participants et à leur conflit.

Auteur : Chantal JAMET

Avocate honoraire, Mediateure près la Cour d’Appel, agréée par la Fédération Française des Centres de Médiation (FFCM) et le Centre National de Médiation des Avocats (CNMA), Formatrice répertoriée sur le Datadock, Présidente du Centre de Médiation et de Formation à la Médiation AMI-MEDIATION, fondatrice du Centre de Médiation EGREGOREIN, Je peux vous aider à régler vos conflits. Je vous forme à la Médiation.

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