Une médiation entre le Gouvernement et les Gilets Jaunes ?

En écrivant mon texte sur le respect, je ne pensais pas y donner aussi rapidement une suite. Les Gilets Jaunes m’ont, sans le savoir, un peu forcé la main.

Je voulais en effet vous parler d’un cas de médiation où le respect recevait un bémol pour permettre à toutes les sensibilités de s’exprimer, donner à la parole un espace de liberté, permettre aux sensibilités de s’exposer.

Ce qui se passe en France en ce moment, qu’on y adhère ou pas, renvoie inévitablement à la médiation. Plusieurs médiations d’ailleurs car les opinions, les lieux et les sujets du conflit sont divers.

Nous allons sans doute revenir aux bons vieux cahiers de doléances, tradition qui remonte en France au XIVème siècle, sans pour autant vouloir que cela finisse pareillement.

En reprenant le questionnaire traditionnel, je vais démontrer la nécessité de la médiation dans ce conflit à caractère multiple, en demandant : qui, quoi, quand, pourquoi, où et comment faire cette médiation?

Avec qui faire la médiation ?

– Avec les Gilets Jaunes mais pas uniquement car c’est avec tous les français mécontents qu’il faut aujourd’hui médier. Et à les entendre, ils seraient nombreux.

– Mais qui fera la médiation ?

Pas des membres ou des envoyés du gouvernement : ils n’auront pas l’oreille des Gilets Jaunes, ni de la plupart des mécontents d’ailleurs. Il faut un « vrai » médiateur

Le médiateur, formé et rompu à la médiation, doit être un tiers neutre, indépendant et impartial, ayant une réputation au-dessus de tout soupçon.

Il est donc ici question de médiateurs ayant une parfaite réputation d’intégrité, connaissant les arcanes de la médiation sur le bout des doigts et ayant pratiqué cette sorte de médiation.

La personne, l’organisme, en charge de cette médiation au plan national, devra être entouré de véritables médiateurs, soumis aux mêmes conditions de formation, d’expérience, et d’intégrité, dans chaque région, émanant de tous les milieux, de toutes les couches sociales, originaires des lieux où le conflit se manifeste : un parisien, ne réagira ni comme un marseillais, ni comme un ch’ti, et ne connaîtra pas les arcanes, les traditions de Marseille ou du Nord.

Cela peut sembler être un détail. Cependant, au cours de chaque médiation qu’il m’a été donné de pratiquer, j’ai eu la confirmation de ce que nous enseignait Thomas FIUTAK : Pour réussir une médiation,vous devez être imprégné, au moins avisé, des traditions et coutumes locales.

Quoi faire en médiation ?

Certes, régler le conflit. Mais pas que…

Il faut aussi rétablir le lien affectif, filial dirai-je, entre les dirigeants et la population.

Recréer une légitimité qui n’était jusque là pas évidente pour tous. Notamment pour ceux qui avaient voté par « défaut » ou qui s’étaient abstenus.

Quand faire cette médiation ?

Au début du conflit ? Ce n’était pas évident de l’envisager tout de suite et sans doute mas encore « mûr », si je puis dire.

Maintenant c’est devenu urgent mais… il ne faut pas se précipiter :

De l’importance de choisir les bons médiateurs, au bon moment, au bon endroit.

Pourquoi faire la médiation ?

Parce que c’est le seul moyen, le seul outil, qui soit à la fois rapide, confidentiel, facile à mettre en œuvre, et qui nécessite peu de moyens financiers et matériels.

Où faire cette médiation ?

Dans chaque lieu névralgique, chaque point de tension, afin que chacun puisse s’exprimer, dire son ressenti, ses attentes, ses besoins, ses intérêts et ses valeurs.

Comment faire cette médiation ?

Ce point renvoie aux précédentes remarques et au respect.

C’est la façon dont sera faite cette médiation dans le respect de chacun, un respect mutuel, même si pour y arriver il faudra savoir écouter les noms d’oiseaux et les coups de gueule qui devront pouvoir s’exprimer. Le médiateur restera humble (y compris dans son aspect vestimentaire) et se montrera empathique avec tous les participants.

Le cœur de mon propos :

Si le médiateur écoute réellement, avec attention, avec vos oreilles, vos yeux, tous vos sens, et avec votre cœur – ce que j’appelle l’écoute active totale – ce que chacun a à dire,

Si, en charge de cette médiation ou d’une partie de cette médiation, il reformule correctement les propos de chacun, pour que toutes ces paroles soient audibles par tous…

S’il pose les bonnes questions qui se font nécessairement jour quand on écoute et reformule valablement,

S’il est respectueux, c’est-à-dire qu’il ne porte aucun jugement sur les personnes et les sujets qui lui sont soumis,

S’il agit avec humilité,

S’il est capable d’empathie vis à vis des participants à la médiation,

Alors ce médiateur pourra faire cette médiation.

Le médiateur qui sera en charge de tout ou partie de cette (ces) médiation (s), devra être neutre, impartial, indépendant, formé, avisé, empathique, humble, sachant écouter, reformuler, ne pas juger, et rester en dehors du conflit, même s’il se sent concerné de près ou de loin.

Pour prendre correctement ce tournant dans notre histoire, dans notre société en pleine refondation, il faudra aux dirigeants de ce pays savoir choisir les médiateurs qui accepteront d’intervenir pour que chacun des participants ose faire sa part du chemin vers un mieux vivre ensemble, afin d’éviter des déchirements inutiles et contreproductifs pour la bonne marche de notre unique, essentielle et belle France.

Auteur : Chantal JAMET

Avocate honoraire, Mediateure près la Cour d’Appel, agréée par la Fédération Française des Centres de Médiation (FFCM) et le Centre National de Médiation des Avocats (CNMA), Formatrice répertoriée sur le Datadock, Présidente du Centre de Médiation et de Formation à la Médiation AMI-MEDIATION, fondatrice du Centre de Médiation EGREGOREIN, Je peux vous aider à régler vos conflits. Je vous forme à la Médiation.

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