L’Eveil de la Médiation

Ce petit billet pour insister sur ce qui est pour moi l’élément principal en médiation : le vivant.

La pandémie de #COVID-19 a fait prendre conscience à beaucoup de ce que la vie, l’humain, la nature, étaient les seuls éléments importants que nous devions préserver sur notre petite planète. Ce patrimoine vaut la peine de se dépasser, de re-trouver notre capacité, notre pouvoir sur nous-mêmes, notre empowerment, notre résilience, notre libre-arbitre, notre liberté.

Nous avions tendance à considérer la médiation sous son seul aspect de « mode de règlement des problèmes ». Or, la racine du mot « med » signifie « entre ». Le médiateur est un intermédiaire, un facilitateur. Son travail consiste à permettre aux personnes en conflit de se parler de façon apaisée, saine et constructive.

Les définitions juridiques la réduisent le plus souvent à la résolution de conflits qui n’est en fait que du règlement de conflit, le médiateur n’ayant pas la prétention de le résoudre en son entier, jusqu’au plus profond de l’être.

L’approche centrée sur l’objet du conflit, très américaine, et celle, prônée par les juristes, la cantonnant à un schéma fait à partir du droit, tendait à la rigidifier et, partant, à la déshumaniser, comme c’est le cas pour notre Droit français.

Madame la Professeure Michèle GUILLAUME-HOFNUNG insiste sur les missions de la médiation qui sont quatre selon elle : « créer, recréer du lien, prévenir et régler le conflit ».

La médiation a pour moi un champ d’action à la fois plus modeste et plus ambitieux.

Certes, il y a autant de façon de faire une médiation qu’il y a de médiateurs et chaque médiation est unique. Les approches facilitative, transformative, humaniste, ont permis de lui donner d’autres couleurs, d’autres formes, en se centrant sur l’élément essentiel de la médiation : l’humain.

La médiation humaniste, chère à Jacqueline MORINEAU, m’a permis de connaître une autre façon d’être en médiation, de l’aborder d’une manière dont je me sens plus proche.

La médiation se fait plus fine, plus naturelle, plus altruiste, dans son approche de l’humain et du problème qui le préoccupe.

Dans le cadre de nos formations à la médiation par visioconférence avec #AMI-MÉDIATION, Catherine EMMANUEL, dans la première partie de son module « Communication Bienveillante en médiation », a insisté sur la nécessité d’aider les participants à retrouver leurs valeurs cachées sous leurs positions inflexibles, non-négociables.

Ces « valeurs », ces « besoins fondamentaux », que les participants à une médiation recherchent avec l’aide du médiateur, pourront être re-trouvées par eux si, nous-mêmes, médiateurs, privilégions cette voie royale faite de communication bienveillante, d’altruisme, d’empathie, voire de compassion.

En lisant un article d’avril 2020, « Introducing a New Definition of Mediation » de Greg ROONEY, auteur américain (revue « mediation.com »), j’ai retrouvé beaucoup des éléments qui m’ont permis de construire l’approche de la médiation que je transmets à mes élèves.

L’humanité, l’humanisme, l’altruisme, l’empathie, sont les outils privilégiés de la médiation. Faire re-naître un dialogue entre des personnes, leur permettre de se retrouver simplement comme êtres humains, se dire sincèrement les choses telles quelles sont. Quand elles sont dites avec respect, empathie, altruisme, les choses les plus difficiles à dire et à entendre, deviennent formulables et audibles pour tous. Alors, et alors seulement, on peut envisager tous les possibles, jusqu’à « agrandir le gâteau », comme disent les nord-américains, trouver la solution qui dépasse les limites jusque là imposées par des positions non négociables.

Que de bonheurs retrouvés en médiations, même celles dont on nous dit qu’ « elles n’aboutissent pas puisqu’il n’y a pas de protocole d’accords ». Bonheurs du seul fait de pouvoir se parler à nouveau, de pouvoir s’entendre, entendre que l’on peut ressentir les choses de façon différentes, que tous les points de vue sont bons et valables.

Faisant suite à la « Journée du Vivre Ensemble en Paix » du 16 mai, votée à l’unanimité des 193 Etats-Membres de l’ONU, je fais le vœu que la médiation, plus qu’un mode de règlement des conflits, devienne une façon de vivre. Ce processus donne à apprendre à vivre ensemble en paix, dans un respect, une écoute active et un altruisme partagés. C’est un éveil à l’autre et à soi.

Pour moi, vous l’aurez compris, il n’y a qu’une mission dévolue au médiateur : RE-UNIR, car

Réunir les participants autour d’une table est parfois un challenge,

Réunir les participants lors de la reconnaissance réciproque, une porte ouverte sur le futur,

Réunir les participants sur la solution à envisager, une nouvelle voie,

Réunir les participants pour se serrer la main sur un accord, un éveil à une nouvelle phase de vie.

Ils ressortiront de la médiation en ayant été éveillés à une nouvelle façon de communiquer, de régler leur problème, dont ils pourront se servir dans l’avenir…

Auteur : Chantal JAMET

Avocate honoraire, Mediateure près la Cour d’Appel, agréée par la Fédération Française des Centres de Médiation (FFCM) et le Centre National de Médiation des Avocats (CNMA), Formatrice répertoriée sur le Datadock, Présidente du Centre de Médiation et de Formation à la Médiation AMI-MEDIATION, fondatrice du Centre de Médiation EGREGOREIN, Je peux vous aider à régler vos conflits. Je vous forme à la Médiation.

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