POURQUOI la MÉDIATION ?

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Les Écoutes du Médiateur

Le cœur du métier de médiateur : l’écoute

L’essentiel de la formation du médiateur est centré sur l’écoute. Une écoute qui se veut active et pleine.

Je ne reviendrai pas sur le cours que je donne sous ce titre, vous en trouverez le résumé sur mon blog.

Souligner qu’avec sa seule écoute attentive, empathique, le médiateur ouvre tous les champs des possibles aux participants à la médiation n’est plus suffisant.

Nous ne sommes pas que des facilitateurs ou des accoucheurs. Nous sommes des faiseurs de paix au sens où l’entend Stephan V. Beyer (Le bâton de Parole, Mama Editions, 2016).

Mais ces fonctions ne seraient rien sans une écoute sincère, profonde. Pour cela, nous nous devons d’être vrais. Qu’est-ce à dire ?

L’écoute du médiateur revêt différents aspects. C’est à la fois une écoute « externe » et « interne ». Ce n’est pas connaître la satisfaction des clients ou sa satisfaction personnelle…

– L’écoute « externe » est centrée sur les participants à la médiation. Comme nous le savons, cette écoute utilise nos cinq sens : l’ouïe, la vue, l’odorat, le toucher (kinesthésique), le goût (d’une certaine façon). C’est ce qui concourt à une écoute pleine et active du médiateur envers les médieurs. Cette écoute est centrée sur ce qui est extérieur au médiateur.

– Elle ne se suffirait pas si nous n’y ajoutions notre écoute « interne » : l’écoute de nos avertisseurs que sont nos sensations, nos sentiments, notre instinct, cet ensemble qui participe du ressenti du médiateur.

Ces autres aspects de notre écoute, que j’appellerai nos « sens internes » ou « alertes internes », sont autant de signaux que nous devons écouter pour mieux comprendre ce qui se passe entre les participants et entre les participants et nous comme aidant et comme participant de la médiation.

Depuis des temps immémoriaux, il est dit que l’union de nos cinq sens en crée un autre, le sixième sens qui permettait de parvenir à une écoute, une compréhension, plus parfaite d’une situation qui nous est étrangère, d’une sensation qui nous est personnelle…

Les scientifiques décrivent notre cerveau archaïque, primaire ou reptilien, que nous avons en commun avec tous les animaux, comme étant celui qui met en action nos instincts de préservation, qui gère nos besoins primaires et réactions primitives comme la fuite, la violence, nos pulsions… Ces réactions naturelles sont essentielles à la survie de tout être vivant bien que, chez l’humain, elles se doivent d’être connues, prises en compte.

Le cerveau limbique que nous avons essentiellement en commun avec les mammifères, gèrent les émotions, l’affectivité, et notre mémoire émotionnelle.

Ces deux cerveaux premiers (outre le cortex, le cerveau du cœur et celui des viscères (ces deux derniers reconnus plus récemment, notamment par les scientifiques quantiques), nous permettent de ressentir, souvent de façon très fugace, des impressions, des ressentis, qui avertissent le médiateur, lui permettent de prendre conscience, d’un élément dans le discours, de ce petit signe dans l’attitude des participants à la médiation. Cette information peut s’avérer importante, voire cruciale. Il ne faut pas la laisser passer, l’occulter, faute de peut être passer à côté de l’essentiel, de la clé, de la médiation.

Nous méfiant de nos instincts primaires, nous tendons à écarter ce que notre instinct nous révèle.

Cette méfiance, ce rejet, du à notre éducation, nos apriori, notre vécu, la peur du regard des autres, vis-à-vis de nos émotions, ressentis, peuvent être néfastes.

Comme le dit Thomas FIUTAK, nous devons toujours affûter notre regard sur nous-mêmes et vérifier nos apriori. Non pas pour les écarter (ce sera le plus souvent impossible) mais pour les connaître, savoir qu’ils sont là et que nous devons en tenir compte pour décider de poursuivre ou non une médiation.

Nous devons donc être vigilant, savoir écouter les participants à la médiation et savoir aussi nous écouter :

– pour mieux nous connaître, connaître nos possibilités et nos impossibilités, nos barrières infranchissables, ce qui nous habite et que nous devons prendre en considération pour savoir si nous serons capables ou non de remplir une mission de médiation ;

– pour saisir nos empathies, antipathies naturelles, nos attirances et rejets instinctifs qui feront que nous serons ou non efficaces dans la médiation ;

– nous permettre de saisir au vol cette pierre blanche qu’un participant lâchera de manière à peine audible, fugace, pour la « marquer », la mettre en exergue, car elle permettra de faire avancer la médiation ;

– pour permettre aux participants de se re-con-naître, personnellement et réciproquement, de s’accepter dans leurs différences, et à la médiation d’avancer en laissant les solutions de chacun apparaître, se développer en commun, pour arriver à prendre vie.

Un anthropologue détaillerait bien mieux que moi ce que je viens d’évoquer. Je puis cependant vous inciter à savoir écouter les autres ainsi que vous-mêmes. En n’écoutant pas vos ressentis, vos « impressions » (vraies ou fausses mais qu’il faut percevoir et analyser), vous risquez de ne pas entendre les participants à la médiation. Si vous ne vous écoutez pas, vous passerez à côté d’informations importantes que vos différents cerveaux s’évertuent à vous révéler.

Ces signaux internes peuvent être mentaux et/ou physiques. C’est un papillonnement dans le ventre, une sensation de dégoût, un bourdonnement dans les oreilles, la bouche, les mains qui deviennent sèches ou moites, une chaleur qui passe dans le corps, des larmes qui montent aux yeux, une onde qui passe (froid dans le dos, mal au ventre…), le « cœur qui fait mal »…

Ainsi, le beau jeune homme (ou la jolie jeune fille) auquel vous souriez bêtement sans même vous en rendre compte, mettant mal à l’aise votre co-médiateur ou entraînant la suspicion de l’autre participant… ou la personne qui pleurniche sans arrêt et qui vous tape sur les nerfs… ou celle qui pleure à chaudes larmes et qui vous fend le cœur… ou celui vers lequel vous penchez involontairement ou que vous regardez plus que l’autre participant… Ces gestes, ces attitudes, nous les avons tous faits, nous les avons tous eus. Et ne vous tancez pas pour autant. Vos sensations et ressentis sont là pour vous avertir. Vous devez les accueillir comme des alertes saines et salvatrices. Vous devez simplement vous entraîner à les percevoir, à vous en rendre compte et à les lire. De la même façon que vous recevez les participants à la médiation tels qu’ils sont, recevez-vous comme vous êtes.

Lors d’une médiation familiale, je me suis retrouvée face à mon émotion que je ne pouvais cacher. J’ai hésité. Mais l’émotion était trop forte. J’ai souris au milieu d’une larme naissante et j’ai dit à mes clients : « Vous avez été tellement vrais que j’ai ressentie une émotion forte. Je suis presqu’aussi émue que vous »… Les clients sont sortis en m’embrassant – il n’y avait pas encore le coronavirus. Peu après, lors d’une supervision, je m’en suis ouverte. L’on m’avait jusqu’alors dit que les émotions ne devaient jamais transparaître chez un médiateur. J’avais peur d’avoir été trop laxiste, trop émue. Ma superviseur m’a dit « Si tu l’avais caché, ils s’en seraient rendus compte et tu aurais perdu en crédibilité ». Elle a ajouté : « Tu as perçu la sincérité de leur émotion ». Et cette sincérité avait été perçue par mon corps. L’émotion que je ressentais était le miroir de la leur… Après cela, j’ai appris à reconnaître et à accepter mes émotions. Elles étaient simplement un signe de mon humanité et de mon empathie, de ce que j’avais écouté de façon active et pleine.

De même que vous ne jugez pas les participants, que vous êtes empathiques envers eux, que vous les prenez comme ils sont, ne vous jugez pas, restez naturels, soyez empathiques envers vous-mêmes.

Restez à l’écoute de vos sensations physiques car, pour les participants comme pour nous, le corps ne ment jamais. Il traduit à l’extérieur ce qu’il se passe dans votre corps et dans votre esprit.

Ces signes vous préviendront, seront des alertes, de ce que vous pouvez ou non supporter au cours d’une médiation, de ce que vous vous y sentez à l’aise ou non… Pris en compte, ils vous permettront de mieux avancer dans votre médiation.

Ce livre d’Alice Miller « Le corps ne ment jamais », les rencontres avec Jacqueline MORINEAU avec la médiation humaniste, avec Marianne SOUQUET et son approche de la médiation transformative, m’ont ouverte à d’autres approches, comme celle de Linda KOHANOV avec les chevaux et les humains, celle de Patricia Arnoux qui a introduit en France la médiation animale en milieu carcéral, celle de ces médiateurs animaliers qui font renaître un sourire sur le visage de personnes aux portes de l’oubli, au portes de la mort, grâce à la simple présence d’un cheval comme PEYO, d’un chien, d’un hamster…

Ces langages connus des Anciens, Grecs, Égyptiens, Perses, Bouddhistes, Peuples Premiers… qu’ils faisaient vivre au travers de leurs cultures, donnaient à l’humain sa juste place, non comme un maître ou un roi mais comme un parmi les milliards de milliards d’habitants de l’Univers, avec le respect qu’ils avaient pour tous.

Faites comme les anciens qui s’inspiraient des animaux et comme eux ne négligez pas ces avertissements donnés par le corps. De la même manière que l’on est attentif aux oreilles du cheval qui se couchent, qui se dressent, à un dos qui s’arrondit, à des babines qui se soulèvent pour montrer des crocs, des poils qui se hérissent sur le dos d’un chien ou sa façon d’offrir sa patte pour vous appeler. Leurs regards, leurs attitudes, sont autant d’informations à lire.

Il en est de même chez nous, un frisson, des poils qui se hérissent dans le dos, un sourire crispé sur les dents, autant de signes que nous avons gardés dans notre cerveau animal, gravés à jamais dans notre mémoire d’animal-humain.

Travailler avec les animaux aide à apprendre à lire le langage corporel, à parler avec son corps, car c’est le seul langage que les animaux perçoivent, outre nos odeurs, nos ondes de peur, de joie, de colère, de tristesse… C’est une approche complémentaire de ce que j’ai appris depuis 21 ans : entendre les langages, verbal et non-verbal, entendre avec ses 5 sens, entendre avec son cœur, son âme, son esprit.

Les chevaux, les chiens, les animaux d’une façon générale, nous perçoivent avec l’acuité de leur corps, ce que nous n’avons pas ou plus, que nous devons apprendre ou réapprendre. Ils nous reçoivent comme nous sommes et nous renvoient notre image, nerveux, angoissés, stressés, calmes ou heureux, le fameux « effet miroir » que nous mettons en œuvre en médiation avec les humains.

Si vous souhaitez écouter de façon active et pleine les participants à une médiation, apprenez à les voir, à les entendre, à les sentir, apprenez à vous écouter sans apriori. Pour être un médiateur « extérieur », apprivoisez votre médiateur « intérieur ». Apprivoisez-vous pour apprivoiser les participants à la médiation.

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Mon blog pour la Médiation

Il s’agit de l’extrait de l’article.

Ce blog est encore pour la Médiation, ses outils, ses techniques et tout ce qui la définit. Vous me pensez obsédée par la médiation ? Sans doute, mais elle est pour moi plus qu’un ensemble d’outils et de techniques pour permettre de renouer le dialogue entre des personnes en conflit. Elle est une façon de vivre, une philosophie de vie… Un peu comme ce soleil si loin de nous et qui nous donne tant de lumière et de chaleur.

A bientôt la suite de mon obsession « médiationiste ».

Pont de Bambous
La médiation, un pont entre deux rives

 

Le #Métier (si) particulier du #Médiateur J’entamerai ce billet par la conclusion du rapport de Monsieur Jean-Louis WALTER, médiateur National de Pôle emploi :

Si la fonction de médiateur est aujourd’hui recherchée à Pôle emploi, c’est qu’elle a montré sa valeur pour recréer du lien dans une société traversée de crises profondes.

Le particularisme du métier de médiateur est de permettre aux êtres vivants de mieux s’écouter pour mieux s’entendre. Comme le métier de vitrier, d’agriculteur, celui de médecin, d’avocat ou d’enseignant, il apporte à ceux qui veulent s’en servir, outre des outils et des techniques, un savoir faire en matière de différends et de conflits, et, mieux encore, un savoir être dans un monde qui cherche une issue à son mal être. 

C’est ce pourquoi, le métier de médiateur doit être reconnu comme un métier, voire un art, à part entière.

Notre beau pays, réputé pour son art de vivre, nous a donné au fil de notre histoire, la liberté de penser, de nous exprimer, d’être ce que nous sommes, des Français pétris de leur histoire. Nous nous mettons en avant, d’une façon ou d’une autre, de la normalité à l’anormalité, nous étalant dans les réseaux sociaux, mais curieusement nous parlons peu de nous. Nous nous enfermons derrière une image, un reflet, ce que nous voudrions être ou paraître, sans exprimer vraiment ce que nous sommes, ce dont nous avons besoin, nos intérêts, nos valeurs. Ce qui nous rend râleurs, peu optimistes et enclins à la morosité, voire à la dépression.

Il faut tout l’art du médiateur pour traverser les filtres et croyances des participants à une médiation pour qu’ils arrivent à évoquer leurs véritables besoins, valeurs et intérêts.

En tant que Médiateur, notre manière d’être apporte un abord novateur de la prévention et du règlement des problèmes. Nous sommes mal connus car personne ne sait en quoi consiste notre travail. On ressemble à un « machin » car nous n’avons pas de « diplôme certifiant », nous ne sommes pas dans une « case » comme tout le monde.

Certes, me direz-vous, il y a le diplôme d’Etat de Médiateur Familial ! Pourquoi en fait avoir donné un diplôme à certains et pas à d’autres ? 

Praticiens de la médiation, nous avons tous une posture d’humilité. Nous ne parlons pas de nous, ou assez peu. Quelle est cette pudeur, cette peur, ce manque de confiance, qui s’empare de nous et semble nous lier, nous contraindre à croire que nous sommes moins que les autres. Pourtant notre travail est à nul autre comparable et nos formations sont exigeantes.

A quoi donc servons-nous ? A permettre aux ressentis, aux non-dits, d’être exprimés, aux « sacs de se vider », « à se dire les choses ». Mais pas que…

Si les entreprises, l’Etat, les Collectivités locales, mettaient à disposition un bureau dédié à la médiation, permettant à chacun de s’exprimer librement, de dire ce qui pose problème avec l’aide d’un tiers aidant, un médiateur, un tiers qui, comme les participants, est tenu à la confidentialité, neutre, indépendant et impartial (Si, si j’y tiens !), il y aurait sans doute moins de crises, de colères, de violences, de burn out…

Cette expression des ressentis, des besoins, des valeurs comme des croyances, est l’essence même de la médiation. Dire l’impensable, exprimer ce que son avocat n’aurait jamais entendu sans la médiation, voilà le cœur de la médiation, sa raison d’être auprès des êtres vivants… Ce qui nécessiterait que ce modèle pacifiant soit enseigné au plus grand nombre, à commencer par les avocats et les magistrats qui, y sont indispensables.

Combien de sujets semblent éloignés, interdits, proscrits, parce qu’« on » n’ose pas, enfermé que l’on est dans des certitudes absurdes souvent imposées par l’éducation, ou qui se sont forgées au fil des années, emprisonnant les êtres dans un carcan de certitudes qui, tôt ou tard, volera en éclats.

Et bien souvent, tout vole en éclats. Un burn out, une dépression, un mal être, une révolte, que l’on ne s’explique pas, venant le plus souvent de ce que l’on s’interdit de nommer les choses, de les dire à haute voix, ou simplement parce qu’on n’est pas entendu, écouté.

Le travail du médiateur (de la médiateure) consiste à débusquer ces non-dits, que ce soit entre des personnes ou avec soi-même.

Le médiateur utilise le questionnement, la reformulation, vérifiant et faisant valider sa bonne écoute de ce qui vient de lui être dit, vérifiant aussi que tous ceux présents dans l’arène de la médiation (si bien nommée par Thomas FIUTAK) ont tous entendu ce qui a été dit.

Ce travail fait d’écoute fine, que je qualifie d’ « écoute active pleine », est bâti à partir du propre ressenti du médiateur au fur et à mesure de son écoute. Écoute du verbal, du non verbal, ce que chacun des gestes de notre corps dit de « nos vérités » (le corps ne ment jamais). Le médiateur affine sa perception au travers des mots, des silences, des gestes, de la diarrhée verbale ou des silences, des attitudes corporelles, de la tonalité, de l’intonation de la voix, de ce qui hante ou ce que cachent, ce qu’occultent, les participants à la médiation.

Le médiateur reçoit ses perceptions comme il perçoit les participants : comme elles et ils sont. Sans plus. Le médiateur en prend conscience, les ressent, les note, pour s’en servir afin de poser d’autres questions qui affineront sa compréhension de la vision qu’ont les médiants de leur problème. Il avancera avec les médiants, les aidant, le long de l’escalier en spirale du processus de médiation, pour atteindre leur porte de sortie de cet espace, à la fois espace en soi, espace-temps, espace psychologique et lieu de lien social, ici et maintenant.

Le médiateur aide les médieurs à s’installer dans cet espace particulier qu’est la médiation, lieu de tous les possibles, lieu de l’expression des ressentis, des besoins et des valeurs, lieu des miroirs aussi, ce qui se noue, se dénoue et se crée entre les médieurs et, aussi, entre les médieurs et le médiateur.

Celui-ci mène des êtres qui se sont perdus sur le chemin inextricable des non-dits, des positions, des croyances, des certitudes, des apriori, des idées toutes faites, pour les conduire pas à pas vers leur solution, leur prévention et leur règlement de leur situation difficile, qui jusque-là leur paraissait inextricable, inabordable, inexprimable.

Les participants à la médiation ont pu dans cet espace que le médiateur a créé avec eux, dire ce qu’ils ressentaient, leurs craintes, leurs peurs, leurs espoirs et leurs souhaits. Ils ont pu s’exprimer, ce que bien souvent ils n’ont jamais pu faire jusqu’à cet instant, en tout cas pas de cette façon particulière, préservée par la confidentialité de cette espace qu’est la médiation. Ils ont pu émettre toutes les hypothèses sans crainte d’être ridicules, ont pu échafauder toutes les solutions, même les plus « abracadabrantesques ». 

Au décours du chemin qui s’élève le long de la spirale, que j’ai empruntée à Papus, le médiateur peut ressentir des sensations fugaces, des impressions de « déjà vu », des apriori, le fameux « effet miroir », qui l’obligera a être aussi vigilant envers lui-même qu’envers les participants. Rester neutre autant que faire ce peut.

Ces aspects de la médiation, du regard non inquisiteur, de l’écoute bienveillante, du médiateur, sont travaillés en analyses des pratiques et en supervision (ou « inter-visions » comme préfère les nommer Jacques SALZER).

Ces supervisions et analyses de pratiques, deux analyses différentes du travail du médiateur, sont indispensables pour le praticien de la médiation afin qu’il puisse garder un regard intègre et sans complaisance sur son abord du processus et sa capacité à aider les êtres humains avec lesquels il chemine le temps de la médiation sans y interférer.

Ces séances en groupe de huit personnes au maximum, dans lesquelles la confidentialité est toujours de mise, permet au médiateur d’œuvrer sur les aspects de son travail qui lui ont paru difficiles, trop aisés (comme avoir l’impression d’arriver trop vite à un accord), perturbants.

Lors des analyses de pratiques, l’interviseur vérifie que sa conduite du processus est valide. La relation avec les participants, leur abord y sont travaillées, ciselées. Le médiateur continue de se perfectionner.

En séance de supervision, on aborde un domaine beaucoup plus subtil, plus fin : sa neutralité, son implication consciente ou inconsciente, le risque que sa propre histoire vienne malencontreusement s’immiscer dans celle des médiants.

La neutralité, inabordable en tant que principe, me paraît double dans ses applications : Interne et externe.

Externe, la neutralité consiste pour le médiateur à n’avoir aucun intérêt, aucune implication personnelle, dans la mission de médiation qu’il va remplir. Ne pas avoir un intérêt à y retirer qu’il soit affectif, économique, social ou autre.

La neutralité interne consiste en l’imbrication de l’histoire personnelle, du vécu, du médiateur dans l’histoire des médiants. Il est nécessaire d’apprendre à la détecter, non pour s’en défaire, c’est impossible, mais savoir que « c’est là », être vigilant et ne pas laisser son vécu, son histoire, envahir l’histoire des médiants.

Chaque histoire de médiation peut résonner en nous comme sur un gong ou un tambour, se refléter en nous comme dans un miroir. Le plus souvent c’est notre inconscient qui nous joue des tours et vient s’immiscer dans le processus sans que nous y fassions attention. Le danger peut être paré en faisant ce que Gary Friedman appelle « descendre dans son « V intérieur » (En soi vers l’autre, Gary Friedman, Editions Médias, Médiations, réimpression 2019). 

Cela se fait en étant à l’écoute de soi, de ces petits signaux qui se déclenchent dans le corps lorsque l’histoire évoquée devant le médiateur résonne en lui. C’est le plus souvent dans le corps que cela résonne avant que le cerveau ne reçoive l’information. S’entendre, s’écouter, est tout aussi nécessaire en médiation que dans la vie courante. 

Je répète souvent aux futurs impétrants qu’en tant que médiateurs nous devons écouter nos cinq sens. Pourquoi ? Car ils nous donnent des renseignements importants, parfois vitaux, sur ce qui se passe devant et en nous. N’étant plus habitués à sentir, à ressentir, à écouter les sensations perçues par notre corps, nous avons oubliés nos cinq sens. Ils sont là pourtant, riches d’informations à qui réapprend à écouter leurs avertissements.

Ainsi, à partir des formations que je fais et que j’organise depuis plus de dix ans, de celles que j’ai mis au point parallèlement pour notre Centre de Formation à la médiation et à la négociation, AMI-MEDIATION, que j’ai créé il y a 11 ans, de mes recherches, de mes Maîtres, des formations que j’ai suivies, et de notre entrée future au RNCP, j’ai voulu créer un référentiel de compétences du médiateur généraliste dont j’ai proposé une approche à nos deux Centres et à la Fédération Française des Centres de Médiation (FFCM) dont nous sommes membres.

La plus grande difficulté à laquelle je me heurte est de faire comprendre aux spécialistes qui gèrent le RNCP que les médiateurs sont non seulement des praticiens particuliers car ils sont, en plus, INDÉPENDANTS ; comme tels, ils sont rarement salariés. La plupart du temps ils sont même travailleurs indépendants. 

Notre travail a un abord très particulier de l’être vivant et ne trouve d’égal nulle part dans la liste des métiers jusqu’ici reconnus.

Ce pourquoi le stage que j’introduis, tant au stade de la Formation initiale pour 10 heures en tant qu’observateur, qu’à celui de la Formation d’Approfondissement pour 90 heures comme co-médiateurs dans ce référentiel, est fait pour permettre aux stagiaires d’apprendre par des cours, des jeux de rôle et de travailler dans des situations réelles avec un co-médiateur-tuteur. Et j’estime que, ce faisant, ils doivent être rémunérés pour le travail auxquels ils concourent. Chez AMI-MEDIATION, ils perçoivent un honoraire au même titre que leur co-médiateur-tuteur.

J’ajoute à cela que ces élèves ainsi formés, ayant eu la chance d’être observateur pendant la formation initiale puis d’être co-médiateurs pendant leur approfondissement, sont fins près pour être médiateurs. 

Ainsi, je satisfais aux critères de sélection des médiateurs de la FFCM et du CNMA qui exigent que la formation de médiateur soit faites de 25 % de cours didactiques et de 75 % de mises en situation, jeux de rôles… J’y ai ajouté la participation à l’organisation d’un Colloque annuel, organisé avec les deux centres que j’ai fondés, AMI-MEDIATION et EGREGOREIN.

Former à la médiation, d’une façon proche de celle du médiateur familial, est le seul moyen d’avoir demain des médiateurs reconnus comme exerçant un vrai métier. Outre le fait d’apprendre le processus de médiation, ses techniques, ses outils, et ses arcanes majeurs que sont le droit, la psychologie, la sociologie, l’ethnologie (…) les élèves prennent conscience de ce qu’est la médiation dans le cadre de la prévention et du règlement des confits et, au-delà, de ce qu’elle leur apporte dans la vie courante, sur d’autres plans plus personnels, comme en matière familiale, professionnelle, entrepreneuriale, associative et même administrative (les collectivités locales, les administrations comme les prisons, se rendent compte des effets bénéfiques de la médiation).

Mon travail n’a qu’un but : faire avancer la médiation et la transmettre au plus grand nombre, à ceux à qui elle est destinée pour qu’ils se l’approprient et qu’elle aide tout un chacun à créer un mode pacifié de vie en commun, créant du lien social, dans un cadre coopératif où l’humain retrouve son « empowerment », sa capacité à vivre en harmonie avec le(s) groupe(s) social(aux) dans le(s)quel(s) il évolue. Sachant que nous sommes tous interdépendants, la paix y gagnerait.

Cet enseignement de la médiation, que j’appelle « généraliste », permet, à qui le veut, de suivre des formations complémentaires en matière familiale, scolaire, sociale, d’entreprise…

C’est en cela sans doute que j’espère que le CNM qui vient d’être voté favorablement par l’Assemblée Nationale, et qui le sera sans aucun doute par le Sénat, permettra non pas de créer une profession règlementée avec un Conseil de l’Ordre au même titre que celui d’avocat, d’huissier, de notaire… mais une profession qui saura garder son particularisme et son indépendance, avec une formation qui respectera un référentiel national de compétences qui mettra en valeur les compétences, les qualités et qualifications requises par un médiateur, le tout sanctionné par un diplôme d’Etat. Cela permettrait enfin à ceux qui auront suivi les formations, le ou les stages, de recevoir le titre de médiateur reconnu comme un véritable métier.

Il est vrai qu’on y trouve peu de salariés. Ceci est intimement lié à la nécessité de l’indépendance, qualité première revendiquée par les médiateurs qui sous tend la crédibilité, la sécurité et la fiabilité de leur travail.

Voici la trame du référentiel de compétences du métier de médiateur que je propose :

Objectifs et contexte de la certification : Prévention, gestion et résolution de conflits

Activités visées : Médiateur, facilitateur dans le cadre de la prévention, la gestion et la résolution de conflits

Compétences attestées : Prévention, gestion, résolution de conflits, connaissance du processus de médiation, conduite d’une médiation, rédaction des écrits en médiation, mise en place et organisation d’un projet en lien avec la médiation, qualités personnelles d’écoute, d’empathie, aspects psychologiques, sociologiques et juridiques de la médiation. 

Modalités d’évaluation : 

1 – Contrôle continu :

  • Jeux de rôle de médiation par groupe de 3 à 4 personnes, filmés : appréciés
  • Exercices et mises en situation par groupe de 3 à 4 personnes : appréciés
  • Séance d’information à la médiation avec un tuteur : appréciée
  • Co-médiations (à partir de la formation d’approfondissement) : évaluées
  • Stage dans nos centres de médiations : évalué

2 – Contrôle ponctuel et notations

  • 3 fiches de lecture : notées
  • 1 fiche d’autoévaluation : évaluée
  • 2 mini-mémoires avec tuteur : notés
  • 1 QCM épreuve écrite d’une heure : notée
  • 1 Grand Oral sur un cas de médiation en co-médiation avec un tuteur : évalué et noté.

Description des modalités d’acquisition de la certification par capitalisation de blocs de compétences et/ou en totalité sur 3 à 5 années (voir livre Blanc de la Médiation avec Médiation 21 et selon les exigences de la FFCM et du CNMA).

Domaines de compétences

  • DC1 – La création d’un espace de médiation ;
  • DC2 – La connaissance des savoirs contributifs à la médiation et la conception d’un cadre d’intervention professionnel en médiation ;
  • DC3 – Communiquer, informer, promouvoir la médiation et développer des partenariats ;
  • DC4 – Stage sous tutorat pour mettre en œuvre ces compétences.

Le tableau de concordance proposé est le suivant :

Domaines de compétencesCompétencesQualités – Outils
DC 1 – La création d’un espace de médiation : – créer, contractualiser et garantir le cadre de la médiation
– aider à préciser la nature du conflit, les positions et les croyances, les valeurs, les besoins et les intérêts de chacun
– établir la reconnaissance réciproque du bien-fondé du ressenti et de la vision du problème de et par chacun – restaurer les liens et/ou accompagner le changement
1 – Maîtriser le processus – Évaluer une situation         conflictuelle Détecter le niveau de risque  Préparer la médiation Construire un espace confidentiel 2 – Comprendre les objectifs de la médiation, de la posture particulière de médiateur 
3 – Mettre en œuvre les techniques de communication pour restaurer la relation et accompagner le changement,

4 – faciliter l’émergence et le choix de solutions.
adaptabilité esprit de synthèse créativité empathie respect

Indépendance neutralité impartialité
questionnement écoute reformulation validation vérification
brainstorming
DC 2 – La connaissance des savoirs contributifs à la médiation et la conception d’un cadre d’intervention professionnel en médiation1 – Droit Principes et règles, déontologie règles d’Ordre Public




2 – Sociologie

3 – Psychologie




4 – Techniques de communication et d’analyse, modèles de médiation 

5 – Faire évoluer sa pratique de médiateur
Rédaction des écrits en médiation (convention de médiation, protocole d’accords, courriers avec les juridictions…), Code de déontologie, notions d’ordre public…
aspects culturels et sociologiques de la médiation 
Aspects psychologiques de la médiation (accueil des ressentis, gérer les personnes et situations difficiles en médiation)
Analyse systémique, analyse transactionnelle, PNL, CNV,  médiation transformative, humaniste, cercles de paroles
Analyses des pratiques Supervisions Auto-évaluations
DC 3 – Communiquer, informer, promouvoir la médiation et développer des partenariatsInformer sur la démarche de médiation et promouvoir une culture de médiation ;






– Développer les partenariats utiles à la médiation et s’inscrire dans des réseaux professionnels, participer à l’organisation de colloques et conférences, écrire des articles pour faire connaître la médiation dans des journaux, revues spécialisées… ;
Contribuer à la formation des médiateurs
Contribuer à la sensibilisation des professionnels et du public. 
Rechercher des partenariats locaux et régionaux, voire nationaux, avec des centres de médiation, des fédérations, des syndicats de médiateurs, des collectivités territoriales, des entreprises, des organismes humanitaires, sociaux, culturels…
Participer à l’organisation de colloques et conférences, écrire des articles pour faire connaître la médiation dans des journaux, revues spécialisées… ;


Faire des formations
Séance d’information et mini-conférence, (cafés de la médiation…).
DC4 – Stage de mise en oeuvre en milieu ouvert (100h)Observateur,  Co-médiateurs au cours de médiations, de séances d’information à la médiation, Contributions à des colloques et conférences Observer une médiation
Mise en situation réelle ; Travailler en co-médiation Participer à un évènement

Secteurs d’activités : Prévention, gestion et résolution de conflits, restauration de liens, médiation de projets

Domaines d’activités : famille, entreprises, collectivités, voisinage, transports…

Types d’emplois accessibles : médiateur du conflit, médiateur social, médiateur culturel, médiateur de quartier, médiation par les pairs, médiations extra-scolaires, médiateur de prison, outil des professionnels des métiers du droit.

A – Codes ROME : 

  • K1901 : aide et médiation judiciaire
  • M1503 : management des ressources humaines
  • K1101 : Accompagnement et médiation familiale

B – Codes NSF :

  • 120 : Spécialités pluridisciplinaires, sciences humaines et droit
  • 315 : Ressources humaines gestion du personnel, gestion de l’emploi

C – Formacodes :

  • 15044 : écoute active
  • 32037 : gestion communication de crise
  • 33020 : médiation entreprise.

Ce référentiel du métier de médiateur, de 317 heures au total, permet d’appréhender la déontologie, les aspects juridiques, déontologiques, psychologiques, sociologiques, les outils et les techniques, le processus de la médiation, les postures et qualités requises du médiateur. 

Le stage de 100 h au total, mis en place au sein de structures de médiation (centres de médiations, associations, collectivités locales, entreprises…), permet au futur médiateur d’acquérir l’expérience nécessaire pour faire siens les arcanes de ce métier.

Je suis à votre disposition pour en parler, échanger : Tout seul on va plus vite, ensemble on va plus loin (proverbe africain). 

Chantal JAMET

Avocate honoraire, mediateure près la Cour d’Appel, agréée FFCM et CNMA, Directrice générale et pédagogique d’#AMI-MEDIATION

Tél : 06 22 41 48 80

Mail : cjmmediation@yahoo.com

Sites : https://chantaljamet.wordpress.com/

https://chantaljame6.wixsite.com/chantal-jamet

Vade-mecum de la pratique du médiateur en médiation

Vous trouverez des vade-mecum concernant la médiation sur internet, dont celui du Barreau de Paris (http://www.avocatparis.org/system/files/editos/vademecum_mediation.pdf) qui est une compilation bien pensée des textes en vigueur, des modalités de la médiation judiciaire et des qualités du médiateur, des règles de la médiation, reprenant la charte déontologique du médiateur.

Je vous propose ce vade mecum de la pratique du médiateur au cours de la médiation, issue de mes expériences, centré sur la marche à suivre par le médiateur avant, pendant et après la médiation.

I – AVANT la médiation

A – Ensuite de votre désignation par le Juge :

1 – Accusez réception très rapidement de votre désignation auprès du Greffe compétent ;

2 – Prenez contact, si possible, téléphoniquement, sinon par mail, pour joindre au plus vite les participants à la médiation et leurs avocats, sinon par courrier… ;

– Utilisez du papier à entête (suivant le cas : celui de votre centre sinon le vôtre si vous êtes désigné à titre individuel) pour tous les courriers que vous devez faire dans le cadre des médiations qui vous sont confiées par le juge ou par un particulier. Si vous êtes désigné par votre centre, vous utiliserez son papier à entête ; de même pour les conventions initiales de médiation ;

Attention : AUCUN papier à entête pour les protocoles d’accords de médiation, et vous ne signez pas le protocole, faute d’engager votre responsabilité ;

– Rappelez votre appartenance à votre centre et à votre fédération (pour la FFCM, dès que vous avez satisfait à ses conditions d’agrément) dans les courriers et la convention, signés par tous les participants et les co-médiateurs ;

– Dans vos courriers, rappelez les références de la mission de médiation qui sont celles qui vous seront communiquées par votre centre qui gère les médiations et leur donne un numéro à leur arrivée (par exemple : date du jour de la saisine par le particulier) et, pour le tribunal, ajouter le numéro de rôle de l’affaire enregistrée par le Greffe, avec numéro et date de l’ordonnance ou du jugement vous ayant désigné) ;.

– ou celles que vous aurez choisies pour votre exercice personnel et, pour le tribunal, ajouter le numéro de rôle de l’affaire enregistrée par le greffe avec numéro et date de l’ordonnance ou du jugement vous ayant désigné ;

Je conseille de tenir un registre sur lequel sont enregistrées les médiations, au fur et à mesure des désignations.

– Informez régulièrement de façon très succincte le juge (ou le juge chargé des médiations) de l’avancée de votre mission : en lui donnant la date et le lieu des rendez-vous. Il appréciera que vous le teniez informé.

3 – Présentez la médiation aux avocats et décidez du LIEU NEUTRE des RENDEZ-VOUS avec eux et leurs clients ;

– Appelez ensuite les clients-médieurs pour leur expliquer la médiation et commencer ce qui sera le premier rendez-vous (d’information à la médiation) car ils voudront déjà vous exposer le problème seul à seul ; ECOUTEZ-les !

4 – Préparez le lieu du rendez-vous de façon à ce que ce lieu soit rendu neutre s’il ne l’est pas déjà (maison des associations par exemple) ;

5 – Préparez-vous mentalement en faisant le VIDE en VOUS avant de recevoir les participants à la mission de médiation qui vous a été confiée.

B – Ensuite de votre désignation par un ou des particulier(s) :

1 – Cette désignation se fait le plus souvent par un appel téléphonique du futur médieur et correspond de ce fait au premier contact au cours duquel vous lui expliquez la médiation et commencez le premier rendez-vous car il voudra d’emblée vous expliquer le problème seul à seul ; ECOUTEZ-LE ! Faute de quoi le contact ne sera pas bon ;

2 – Accusez réception de la désignation de ce futur participant par mail en lui redemandant les coordonnées de son contradicteur pour vous permettre de le contacter s’il ne le fait pas lui-même ;

3 – Prenez contact si possible téléphoniquement, sinon par mail, pour joindre au plus vite les autres participants à la médiation et leurs avocats (s’il y en a), sinon par courrier ;

4 – Présentez la médiation aux avocats d’abord, s’il y en a, sinon aux futurs médieurs ;

5 – Décidez du LIEU NEUTRE des RENDEZ-VOUS avec les participants ;

– Préparez le lieu du rendez-vous de façon à ce que ce lieu soit rendu neutre s’il ne l’est pas déjà (maison des associations par exemple) ;

6 – Préparez-vous mentalement en faisant le VIDE en VOUS avant de recevoir les participants à la mission de médiation qu’ils vous ont confiée ;

7 – Faites entrer toutes les personnes en même temps (vous avez un bouton spécial pour ce faire au niveau de la « salle d’attente » de la visioconférence).

II – PENDANT la médiation, quelle qu’elle soit (Pour une médiation en présentiel comme en visio-conférence)

– Soyez souriant et avenant (en Visio vous aurez le nom des personnes qui s’affiche directement au bas de la case dans laquelle il apparaît (attention au petit rigolo qui se fait appeler « Truc ») ;

– Rappelez l’objet de votre mission, si nécessaire, lisez l’ordonnance ;

– ou si vous n’avez aucun renseignement : indiquez seulement que vous avez été choisi par les médieurs pour les aider à régler leur différend ;

– Présentez la médiation succinctement. J’enseigne comme tous la PORTE présentée par Jacques SALZER mais, en pratique, on se rend souvent compte que les médieurs s’impatientent et veulent rentrer dans le vif du sujet qui les préoccupent. Adaptez-vous ;

ÉCOUTEZ activement et pleinement ;

– Questionnez sobrement, reformulez faites appel à votre esprit de synthèse en respectant les mots des participants ;

– Interrogez leurs ressentis ;

– Suscitez leur imagination ;

– Respectez leurs silences ;

– … (rappelez-vous les enseignements que vous avez reçus en n’oubliant pas que le processus n’est que la rampe de sécurité de l’escalier que vous montez avec les médieurs du QUOI vers le COMMENT ?

ET,

En co-médiation, vous travaillez de concert avec votre co-médiateur, tuteur ou pas. Ce qui signifie que :

– les courriers et démarches sont faites en commun,

– briefez-vous quant aux contacts, courriers, appels téléphoniques que vous recevez ou que vous donnez, avant et après chaque action ou non-action de médiation, lesquelles doivent être décidées en commun :

– Consultez-vous avant et après chaque rendez-vous de médiation pour choisir la (les) technique(s) à utiliser, vous répartir les interventions, les rôles…

– Faites systématiquement ENSEMBLE caucus-aparté avec chacun des médieurs ;

Voir mon article à ce sujet : 

https://chantaljamet.wordpress.com/2018/05/06/la-co-mediation/

– s’il n’y a pas de protocole, indiquez au juge les avancées qui ont été faites pendant votre mission, en restant totalement neutre et en ne lui rapportant que ce que les participants à la médiation vous auront autorisé à rapporter (ou ce qui sera marqué dans un PV d’AG par exemple…) ;

– Rédigez pour ce faire un compte-rendu succinct (pas un rapport) contenant les noms des participants, les références de l’affaire (personnelles et/ou tribunal), les dates et lieu des rendez-vous, les avancées qui ont été faites en médiation, compte-rendu que vous remettrez aux participants et au juge : N’Y SERA INDIQUÉ QUE CE QUE LES PARTICIPANTS ACCEPTERONT d’Y VOIR FIGURER.

III – APRÈS la médiation, quelle qu’elle soit

– Envoyez le protocole au juge qui vous a désigné ou au juge chargé des médiations, les participants ayant eu le protocole signé à la fin du dernier rendez-vous ;

– Pensez à vous faire régler de vos honoraires en les réajustant si nécessaire (en fonction du nombre d’heures de médiations… et avec l’accord des participants) et à donner ou à envoyer votre facture finale ;

– Faites taxer vos honoraires et frais par le juge selon les modalités qui vous seront indiquées par le tribunal qui, généralement, vous envoie le modèle avec l’ordonnance ;

– Envoyez un questionnaire post-médiation à vos clients-médieurs, au plus tard un mois après la médiation ;

– Faites votre débriefing de la médiation, seul puis en commun avec votre ou vos co-médiateurs :

– Je vous conseille vivement de rédiger un compte-rendu personnel après chaque rendez-vous de médiation, ce qui vous permet de mettre par écrit ce qui vous a causé problème ou ce que vous avez réussi (parfois trop vite) et pour vous préparer au rendez-vous suivant.

– En outre, ces compte-rendus vous serviront pour les séances de supervision et d’analyses des pratiques que vous devez suivre dans le cadre de votre formation permanente obligatoire de 20 heures minimum par an.

Bonne médiation !

Chantal JAMET – Tél 06 22 41 48 80

L’Eveil de la Médiation

Ce petit billet pour insister sur ce qui est pour moi l’élément principal en médiation : le vivant.

La pandémie de #COVID-19 a fait prendre conscience à beaucoup de ce que la vie, l’humain, la nature, étaient les seuls éléments importants que nous devions préserver sur notre petite planète. Ce patrimoine vaut la peine de se dépasser, de re-trouver notre capacité, notre pouvoir sur nous-mêmes, notre empowerment, notre résilience, notre libre-arbitre, notre liberté.

Nous avions tendance à considérer la médiation sous son seul aspect de « mode de règlement des problèmes ». Or, la racine du mot « med » signifie « entre ». Le médiateur est un intermédiaire, un facilitateur. Son travail consiste à permettre aux personnes en conflit de se parler de façon apaisée, saine et constructive.

Les définitions juridiques la réduisent le plus souvent à la résolution de conflits qui n’est en fait que du règlement de conflit, le médiateur n’ayant pas la prétention de le résoudre en son entier, jusqu’au plus profond de l’être.

L’approche centrée sur l’objet du conflit, très américaine, et celle, prônée par les juristes, la cantonnant à un schéma fait à partir du droit, tendait à la rigidifier et, partant, à la déshumaniser, comme c’est le cas pour notre Droit français.

Madame la Professeure Michèle GUILLAUME-HOFNUNG insiste sur les missions de la médiation qui sont quatre selon elle : « créer, recréer du lien, prévenir et régler le conflit ».

La médiation a pour moi un champ d’action à la fois plus modeste et plus ambitieux.

Certes, il y a autant de façon de faire une médiation qu’il y a de médiateurs et chaque médiation est unique. Les approches facilitative, transformative, humaniste, ont permis de lui donner d’autres couleurs, d’autres formes, en se centrant sur l’élément essentiel de la médiation : l’humain.

La médiation humaniste, chère à Jacqueline MORINEAU, m’a permis de connaître une autre façon d’être en médiation, de l’aborder d’une manière dont je me sens plus proche.

La médiation se fait plus fine, plus naturelle, plus altruiste, dans son approche de l’humain et du problème qui le préoccupe.

Dans le cadre de nos formations à la médiation par visioconférence avec #AMI-MÉDIATION, Catherine EMMANUEL, dans la première partie de son module « Communication Bienveillante en médiation », a insisté sur la nécessité d’aider les participants à retrouver leurs valeurs cachées sous leurs positions inflexibles, non-négociables.

Ces « valeurs », ces « besoins fondamentaux », que les participants à une médiation recherchent avec l’aide du médiateur, pourront être re-trouvées par eux si, nous-mêmes, médiateurs, privilégions cette voie royale faite de communication bienveillante, d’altruisme, d’empathie, voire de compassion.

En lisant un article d’avril 2020, « Introducing a New Definition of Mediation » de Greg ROONEY, auteur américain (revue « mediation.com »), j’ai retrouvé beaucoup des éléments qui m’ont permis de construire l’approche de la médiation que je transmets à mes élèves.

L’humanité, l’humanisme, l’altruisme, l’empathie, sont les outils privilégiés de la médiation. Faire re-naître un dialogue entre des personnes, leur permettre de se retrouver simplement comme êtres humains, se dire sincèrement les choses telles quelles sont. Quand elles sont dites avec respect, empathie, altruisme, les choses les plus difficiles à dire et à entendre, deviennent formulables et audibles pour tous. Alors, et alors seulement, on peut envisager tous les possibles, jusqu’à « agrandir le gâteau », comme disent les nord-américains, trouver la solution qui dépasse les limites jusque là imposées par des positions non négociables.

Que de bonheurs retrouvés en médiations, même celles dont on nous dit qu’ « elles n’aboutissent pas puisqu’il n’y a pas de protocole d’accords ». Bonheurs du seul fait de pouvoir se parler à nouveau, de pouvoir s’entendre, entendre que l’on peut ressentir les choses de façon différentes, que tous les points de vue sont bons et valables.

Faisant suite à la « Journée du Vivre Ensemble en Paix » du 16 mai, votée à l’unanimité des 193 Etats-Membres de l’ONU, je fais le vœu que la médiation, plus qu’un mode de règlement des conflits, devienne une façon de vivre. Ce processus donne à apprendre à vivre ensemble en paix, dans un respect, une écoute active et un altruisme partagés. C’est un éveil à l’autre et à soi.

Pour moi, vous l’aurez compris, il n’y a qu’une mission dévolue au médiateur : RE-UNIR, car

Réunir les participants autour d’une table est parfois un challenge,

Réunir les participants lors de la reconnaissance réciproque, une porte ouverte sur le futur,

Réunir les participants sur la solution à envisager, une nouvelle voie,

Réunir les participants pour se serrer la main sur un accord, un éveil à une nouvelle phase de vie.

Ils ressortiront de la médiation en ayant été éveillés à une nouvelle façon de communiquer, de régler leur problème, dont ils pourront se servir dans l’avenir…

Le Message d’une Mère

Voilà le message que j’ai reçu ce matin :

« Mes chers enfants,
Je suis bien triste mais j’ai du agir ainsi car vous refusiez de comprendre.
J’avais pourtant tout essayé : mes colères, mes pleurs, mes cris… J’essayais de vous montrer que j’avais mal au fond de mes entrailles, de mon âme, dans mon corps.
Mais vous n’avez pas compris mes mauvaises humeurs : mes orages devenus ouragans, mes colères devenues foudres, mes humeurs devenues volcans, mes feux dévorants…
Puis, j’ai enfin admis qu’il fallait que je vous atteigne dans votre chair pour que vous compreniez.
Alors pardon mes enfants mais j’ai du faire comme autrefois avec la peste et le choléra… Le Corona virus est le seul moyen que j’ai trouvé pour arriver à rouvrir vos cœurs fermés, arides, vides d’amour.

J’ai peut-être réussi là où j’avais échoué jusqu’ici :
Vous trouvez un sens à votre vie dans la vraie vie. Même si, dans un premier temps, vous n’avez pensé qu’à vous précipiter vers vos temples dédiées à vos nourritures matérielles, vous êtes parvenus à retrouver le goût des autres, de la vie en commun dans ses gestes les plus humbles.

Vous commencez à ne plus être centrés sur vos égos démesurés pour comprendre que, seuls, vous n’êtes rien, qu’en ne me respectant pas c’est vous que vous détruisez et que le prix à payer pour votre égoïsme, votre suffisance, votre mépris, votre absence de reconnaissance, ce prix sera toujours plus fort.

Vous comprendrez un jour (quand vous serez adultes) que vous devez me respecter car je vous donne la vie, je vous porte, je vous nourris, je vous fais vivre.
En me détruisant, en ne me respectant pas, c’est vous que vous ne respectez pas et que vous détruisez.

L’un d’entre vous, il y a longtemps, avait rapporté les propos d’un Autre qui avait dit « Aimez- vous les uns, les autres ». Celui-là avait dit aussi « Les derniers seront les premiers ». Observez comme vous remerciez aujourd’hui ceux que vous ne voyiez même pas hier ?

Vous commencez à entendre que courir après la gloire, la renommée, l’argent… n’est pas le plus important dans la vie.
Vous commencez à comprendre que, lorsque vous mourrez, tout ce qui brille ne vous suivra pas dans la tombe.

Je vous parais sans doute injuste mais pensez aux maux que vous m’avez fait subir et que je subis encore. Aujourd’hui, je recommence à respirer… Vous aussi, vous entendez de nouveau le chant des oiseaux, vous faites attention à ceux qui vous entourent jusqu’à sourire aux chats et aux chiens qui passent, vous respirez calmement devant un coucher de soleil, vous appréciez même le silence… Vous retrouvez le sens de l’essentiel, l’Amour.

Voilà, mes chers enfants ce que je voulais que vous sachiez et j’espère que vous commencez enfin à entendre, à comprendre, en vous regardant, en vous écoutant, en vous aidant, les uns, les autres.

Nous sommes UNIS pour le meilleur et pour le pire : CE QUE VOUS FAITES A LA TERRE, aux êtres qui la peuple, C’EST À VOUS QUE VOUS LE FAITES.
Votre Terre-Mère qui vous aime et vous aimera toujours. »

Voilà, j’ai transmis le message. Faites en ce que vous voulez…
Bon courage et n’oubliez pas : notre Terre est une mère très belle et très bonne pour qui sait l’aimer, la respecter, elle et tous ses enfants.

Quelques petites vidéos pour vous aider à comprendre la médiation

Chers Amis,

Voici le lien qui vous conduira à une de mes petites vidéos sur ma chaîne YouTube :

Je reste à votre disposition pour faire des médiations et/ou des formations en ligne via l’application Zoom.

Bon courage et prenez soin de vous !

Chantal Jamet 0622414880

chantaljamet@yahoo.fr

Médiation versus conciliation

Au regard du décret du 11 décembre 2019 paru au JO, on remarque une nette mise en avant de la conciliation.

Voici les articles où il est question aussi de médiation.

« Art. 54. – La demande initiale est formée par assignation ou par requête remise ou adressée au greffe de la juridiction. La requête peut être formée conjointement par les parties.
« Lorsqu’elle est formée par voie électronique, la demande comporte également, à peine de nullité, les adresse électronique et numéro de téléphone mobile du demandeur lorsqu’il consent à la dématérialisation ou de son avocat. Elle peut comporter l’adresse électronique et le numéro de téléphone du défendeur.
« A peine de nullité, la demande initiale mentionne :
« 1° L’indication de la juridiction devant laquelle la demande est portée ;
« 2° L’objet de la demande ;
« 3° a) Pour les personnes physiques, les nom, prénoms, profession, domicile, nationalité, date et lieu de naissance de chacun des demandeurs ;
« b) Pour les personnes morales, leur forme, leur dénomination, leur siège social et l’organe qui les représente légalement ;
« 4° Le cas échéant, les mentions relatives à la désignation des immeubles exigées pour la publication au fichier immobilier ;
« 5° Lorsqu’elle doit être précédée d’une tentative de conciliation, de médiation ou de procédure participative, les diligences entreprises en vue d’une résolution amiable du litige ou la justification de la dispense d’une telle tentative ;
« 6° L’indication des modalités de comparution devant la juridiction et la précision que, faute pour le défendeur de comparaître, il s’expose à ce qu’un jugement soit rendu contre lui sur les seuls éléments fournis par son adversaire.

« Art. 750-1. – A peine d’irrecevabilité que le juge peut prononcer d’office, la demande en justice doit être précédée, au choix des parties, d’une tentative de conciliation menée par un conciliateur de justice, d’une tentative de médiation ou d’une tentative de procédure participative, lorsqu’elle tend au paiement d’une somme n’excédant pas 5 000 euros ou lorsqu’elle est relative à l’une des actions mentionnées aux articles R. 211-3-4 et R. 211-3-8 du code de l’organisation judiciaire.
« Les parties sont dispensées de l’obligation mentionnée au premier alinéa dans les cas suivants :
« 1° Si l’une des parties au moins sollicite l’homologation d’un accord ;
« 2° Lorsque l’exercice d’un recours préalable est imposé auprès de l’auteur de la décision ;
« 3° Si l’absence de recours à l’un des modes de résolution amiable mentionnés au premier alinéa est justifiée par un motif légitime tenant soit à l’urgence manifeste soit aux circonstances de l’espèce rendant impossible une telle tentative ou nécessitant qu’une décision soit rendue non contradictoirement soit à l’indisponibilité de conciliateurs de justice entraînant l’organisation de la première réunion de conciliation dans un délai manifestement excessif au regard de la nature et des enjeux du litige ;
« 4° Si le juge ou l’autorité administrative doit, en application d’une disposition particulière, procéder à une tentative préalable de conciliation.

« Art. 785. – Le juge de la mise en état peut constater la conciliation, même partielle, des parties.
« Le juge de la mise en état peut également désigner un médiateur dans les conditions de l’article 131-1.
« Il homologue, à la demande des parties, l’accord qu’elles lui soumettent.

« Art. 1546-3. – L’acte de procédure contresigné par avocat est établi conjointement par les avocats des parties à un litige ayant ou non donné lieu à la saisine d’une juridiction, en dehors ou dans le cadre d’une procédure participative.
« Par actes contresignés par avocats précisés dans la convention de procédure participative, les parties peuvent notamment :
« 1° Enumérer les faits ou les pièces qui ne l’auraient pas été dans la convention, sur l’existence, le contenu ou l’interprétation desquels les parties s’accordent ;
« 2° Déterminer les points de droit auxquels elles entendent limiter le débat, dès lors qu’ils portent sur des droits dont elles ont la libre disposition ;
« 3° Convenir des modalités de communication de leurs écritures ;
« 4° Recourir à un technicien selon les modalités des articles 1547 à 1554 ;
« 5° Désigner un conciliateur de justice ou un médiateur ayant pour mission de concourir à la résolution du litige. L’acte fixe la mission de la personne désignée, le cas échéant, le montant de sa rémunération et ses modalités de paiement ;
« 6° Consigner les auditions des parties, entendues successivement en présence de leurs conseils, comportant leur présentation du litige, leurs prétentions, les questions de leurs avocats ainsi que leurs réponses et les observations qu’elles souhaitent présenter ;
« 7° Consigner les déclarations de toute personne acceptant de fournir son témoignage sur les faits auxquels il a assisté ou qu’il a personnellement constatés, recueillies ensemble par les avocats, spontanément ou sur leur interrogation. L’acte contient les mentions prévues au deuxième alinéa de l’article 202. Le témoin fait précéder sa signature de la mention prévue au troisième alinéa du même article ;
« 8° Consigner les constatations ou avis donnés par un technicien recueillies ensemble par les avocats. ».

Voilà pourquoi j’entends à nouveau lever le voile sur une confusion qui continue d’être faite dans nos textes, la maintenant par la même occasion dans l’esprit du public.

Or, il y a fort à parier que l’on appliquera les textes concernant la conciliation pour la médiation. Alors, comparons pour ne pas rester dans ce flou artistique.

En effet, si ces deux processus alternatifs peuvent, certes, utiliser les mêmes outils, ils restent essentiellement complémentaires et ne sont pas identiques, voire « fille de l’une ou de l’autre » comme on le lit quelquefois.

Il serait bon que ceux qui rédigent nos textes (et Dieu sait s’ils sont productifs) comprennent bien ces différences et complémentarités pour savoir enfin les différencier et les utiliser à bon escient.

Il y a quelques années, j’avais établi un tableau comparatif des modes de règlement des problèmes que j’ai amélioré au fil du temps et de mon expérience. Puis j’ai fait, pour notre Colloque « Les RENCONTRES de la MEDIATION 2019 », une carte mentale (« mind map ») qui se limite à la comparaison de la médiation et de la conciliation, présentée ce jour-là (vidéo éditée sur ma chaîne Youtube).

Voici les tableau et carte mentale en question :

https://drive.google.com/file/d/1fpI39UEzjTYwvPLa9BYHan32cxcMYmUK/view?usp=drivesdk

En espérant que les choses soient un peu plus claires, je vous souhaite une bonne journée !

L’urgence de la médiation en 2020

Mon propos en ce début de 2020 était de vous présenter mes vœux de façon interrogative.

L’urgence de la médiation. Cette affirmation péremptoire a de quoi choquer ? Peut-être pas tant que ça !

Une sorte de questionnement pour trouver « une porte sans porte » comme dit Jacqueline MORINEAU.

Pour beaucoup 2019 s’est terminée dans un chaos indescriptible à tous niveaux et sur toute la planète. Insécurités et angoisses étaient au rendez-vous… Je dirai « 5 sur l’échelle de Richter », c’est-à-dire proche du cataclysme ?

Il en fût bien autrement en ce qui me concerne.

J’ai terminé 2019 dans une joie que je n’avais pas ressentie avec des inconnus depuis fort longtemps. Du moins des inconnus jusqu’à ce que je les côtoie au cours d’un « stage » avec Jacqueline MORINEAU (qui estime qu’elle n’est pas formatrice et que le mot « stage » ne correspond pas à ce qui, pour elle, est un partage).

Deux jours d’interrogations, de questionnement, de joies, de partages, et d’ouvertures. De soi à soi, de soi aux autres, de soi à l’univers avec des personnes très différentes les uns des autres. Deux jours qui m’ont appris à approcher la médiation encore autrement…

Une « complétude » dans ma formation de médiateur commencée il y a plus de 20 ans avec Jacques SALZER. J’ai eu la chance de côtoyer des formateurs, des maîtres dont Thomas FIUTAK, Michèle GUILLAUME-HOFNUNG, John Peter WELDON, Marianne SOUQUET, et tant d’autres qui ont fait de moi le médiateur que je suis aujourd’hui.

Toujours en quête de plus de savoirs et d’habileté des médiateurs qu’il m’a été donné de côtoyer, j’ai été très étonnée par Jacqueline MORINEAU. Elle a ce don ineffable de vous faire connaître autrement la médiation au-delà des modèles et des applications qu’on peut pratiquer, une médiation qu’elle appelle «humaniste ».

Cette amoureuse des sculptures grecques vous mène à mi-chemin entre les arcanes de la tragédie grecque, des mystères des dieux antiques et les textes sacrés.

De ce mélange (pas si hétéroclite que cela), elle fait naître la médiation humaniste, appelée ainsi par elle car elle met le principal intéressé au centre, l’être humain avec ses forces et ses faiblesses, au cœur de sa tragédie, de son conflit existentiel.

Faisant un rapide retour en arrière sur les traditions anciennes qui ont menées à la médiation d’aujourd’hui, elle démontre comment le monde d’aujourd’hui se perd, ignore le passage d’une civilisation à une autre, d’un temps à un autre, selon un système de balancier d’horloge inexorable et pourtant prévisible.

Elle passe en revue les maux de ce siècle et des précédents qui ont commencé dès DESCARTES qui a fait surgir le précepte du présomptueux « Je pense donc je suis » en se voulant l’égal des Dieux, qui a balayé le moyenâgeux et sage « J’existe », pour nous amener au terrible « J’ai donc j’existe ».

Jacqueline MORINEAU nous a fait participer à un jeu de lecture de photos qui nous a fait nous « découvrir » pour mieux nous voir sous un autre jour. Puis ce furent au tour des jeux de rôles qui nous ont permis de prendre conscience, entre autres, du fait que nous ne parlons et nous ne montrons et ne considérons que les masques dont se parent les personnes, (personna = masque) pour ne pas montrer l’être véritable, souvent insoupçonné, qui se cache derrière.

AU crois de ces deux jours j’ai eu la sensation de vivre, hors du temps et de l’espace, un de ces moments privilégiés dont on ressort épuisé mais ravi.

Tous nos échanges m’ont persuadée qu’ayant vécu la fin d’une civilisation, celle de l’industrialisation, de la consommation, de l’État-Providence, nous en avions déjà abordé une autre dans laquelle le vivant est le centre : l’homme, l’animal que nous sommes et la nature dont nous sommes une infime partie.

Ce passé, largement dépassé, tout comme l’est la façon vieillotte de concevoir la justice, l’éducation, le rapport aux animaux ou autres êtres dits « inférieurs », laisse place à une autre manière d’être au monde, respectueux de ce qui nous entoure, du passé en n’ayant pas peur de le dépasser pour regarder vers l’avenir.

Ce « stage » m’a donné de réaliser que nous nous dirigions, grâce à la médiation, (je sais, je vais choquer certains qui vont me traiter d’illuminée mais, «vaï », je prends le risque), vers un autre monde, un autre temps, un autre espace, une civilisation où les hommes peuvent se parler, s’écouter, se respecter, pour trouver des solutions à leurs dilemmes.

Car le vrai challenge dans un conflit est moins de le gérer que de voir l’autre, le conflit et soi-même, tels qu’ils sont et non tels qu’on se les imagine ou qu’on voudrait qu’ils soient. Réapprendre à se parler, à se respecter, à se considérer, dans la vraie vie, non dans une vie de substitution où l’imaginaire, furie égoïste, inhumaine, livrée à elle-même, fait des ravages et commet des crimes contre l’humanité, la Nature.

Ce nouveau modèle de dialogue qu’est la médiation doit maintenant être appris dès le plus jeune âge, à tous et pour tous, en tous lieux. Elle est un instrument de paix sociale, de respect, d’ouverture à l’autre, dans une société qui crève de manque de partage et une France qui a tendance à oublier qu’elle est l’origine de la Déclaration des Droits de l’Homme, de la Laïcité.

Ce sont ces principes essentiels que la médiation permet de mettre en application.

Mon vœu en cette nouvelle année ? Rencontrer des mécènes, des sponsors, des âmes de bonne volonté, pour permettre à ceux qui n’en ont pas les moyens de se former à la médiation et devenir des faiseurs de paix.

J’espère que ce vœu se réalisera.

Merci !

Belle et bonne Année 2020 !