POURQUOI la MÉDIATION ?

Lettre ouverte à mes Confrères du 21è siècle

Mes Chers Confrères,

Vous pourrez lire cette lettre comme bon vous semble, un conseil, une prière, une exhortation.

Elle est faite pour vous demander de ne pas oublier que votre premier devoir d’Avocat est celui du Conseil. Ce devoir trouve encore plus d’écho dans le cadre des textes concernant le divorce sans juge. Nous ferons les choses à l’envers comme d’habitude en France, à savoir que nous publions un texte avant d’en avoir éprouvé les conséquences. Néanmoins ce texte existe. Comme on dit dans le pays niçois, « il faut faire avec ! « .

 La question d’un de mes Confrères, quand j’ai publié sur Facebook et sur Tweeter le décret du 16 mars dernier, m’en donne l’occasion. La lettre du Président de notre Fédération Française des Centres de Médiation m’a renforcée dans mon envie d’écrire ce billet.

Ce texte soumet quelques Tribunaux à enjoindre les parties à faire une médiation préalable lors du dépôt d’une requête ou d’une assignation en matière familiale.

« Que devient la médiation dans ce cas ? » répond un de mes Confrères sous ma publication.

1 – Sur l’instant, je lui ai répondu qu’il me semblait que la juxtaposition des textes existants (notamment décret du 15 mars 2015 qui oblige à une médiation préalable avant toute saisine d’une juridiction) avec les textes de ce nouveau divorce entraînait la nécessité de faire une médiation préalable.

Mais, en fait, il en est d’autres si l’on ne cantonne pas le métier d’avocat à la défense et si on lui redonne ses lettres de noblesse que sont l’obligation de conseil (que l’on oublie trop souvent pour se jeter vers le procès comme si l’avocat n’avait que cette corde à son arc) et les modes amiables (ou alternatifs si on leur adjoint l’arbitrage) auxquels nos Confrères devraient se former rapidement, si ce n’est déjà fait, car ce sont nos outils de travail autant que la défense et le conseil.

2 – Le premier travail de l’avocat est de conseiller totalement son client et donc de lui proposer d’autres solutions que le procès. Faute de quoi, il ne remplit pas son devoir qui est de le conseiller.

3 – Apparaît alors un problème sous-jacent qui vient de ce qu’en cas de difficulté liée à la convention de divorce, l’avocat sera obligé de faire passer son client par la case départ, c’est-à-dire la médiation.

Son client aurait beau jeu de lui reprocher de ne pas lui avoir conseillé la Médiation (ou au autre ode amiable comme le Droit Collaboratif ou la Procédure participative) avant la rédaction des conventions et le dépôt de l’acte d’avocats entre les mains du Notaire.

4 – Un argument vient encore en faveur de la Médiation. La facilité qu’apporte ce mode amiable, à nul autre pareil, dans la prise en compte des intérêts et des besoins réels de chacun lors d’une séparation (qu’il s’agisse d’un couple, d’une succession, d’un employé avec une entreprise, de la rupture d’un contrat quel qu’il soit, des relations entre voisins, entre entreprises, entre Etats…).

5 – En fait, la MEDIATION est un procédé :

CONFIDENTIEL : on peut tout dire en médiation, rien de ce qui s’y dit ne doit en sortir.

PLUS RAPIDE qu’un procès

MOINS COÛTEUSE qu’un procès

– Elle permet RENOUER le DIALOGUE

– C’est un processus VOLONTAIRE, chacun peut venir ou mettre fin à la médiation quand il le souhaite

– Elle est EFFICACE (70 à 80 % de réussite)

– Les participants CHOISISSENT et DECIDENT eux-mêmes de leur solution

– Elle est BENEFIQUE car elle permet de mieux évaluer la situation, de comprendre quelle est la situation de façon plus objective

– Elle permet de CONSERVER des relations

– Elle permet de se séparer dans de BONNES CONDITIONS.

6 – En outre la présence de l’avocat en médiation est INDISPENSABLE. Pourquoi ?

L’avocat doit être PRESENT pour 12 bonnes raisons :

CONSEILLER son client

AIDER son client à faire ses choix

VEILLER au RESPECT de son client et de l’Ordre Public

CONTRÔLER la justesse des informations juridiques communiquées

AIDER à la NEGOCIATION entre les parties

NE PAS PERDRE de temps en allers-retours entre lui et ses contradicteurs

FAVORISER le bon déroulement du processus

OBJECTIVER la position de son client

LAISSER S’EXPRIMER son client,

PRENDRE la parole quand c’est nécessaire (je sais, c’est difficile…)

GARANTIR le protocole d’accords

COLLABORER avec le médiateur, les autres conseils et les participants à la réussite du processus en y ayant été FORME.

7 – Alors, QU’AVEZ-VOUS à PERDE à ESSAYER la MEDIATION ?

– Que vos clients vous considèrent comme un SUPER-AVOCAT car vous leur aurez permis de trouver LEURS solutions, dans des conditions APAISEES et au BENEFICE de tous, beaucoup plus vite et moins cher qu’un procès, – que vous ne perdiez ni temps, ni argent dans des procédures pour lesquelles vous n’êtes pas réglé au temps réellement passé à conclure, à trouver les solutions…

– et qui plus est ces solutions qui ne lui conviendront pas car ce ne seront pas les siennes ou qu’elles lui seront imposées par un juge) ?

Alors qu’attendez-vous pour vous former aux MARC et, notamment, à la MEDIATION pour avoir tous les outils en mains et être un avocat du 21è siècle ?

Pourquoi suis-je devenue médiateure ?

Voici quelques-unes des questions qui me sont posées par les personnes qui souhaitent se former au métier de Médiateur au sein de notre Centre de Médiation et de Formation à la Médiation « Alternative de Médiateurs Indépendants ».

« Comment en êtes-vous arrivée à choisir ce métier ? «

« En quoi consiste-t-il ? »

« Combien d’heures de travail nécessite-il ? »

« Quelles connaissances/compétences faut-il pour être médiateur ? »

« Quelles idées se font les gens de votre métier ? »

« Comment sont-ils après avoir eu recours à vous ? »…

Je vais vous répondre avec passion, avec empathie, avec sincérité, comme je le fais avec chacun d’eux.

Comment en êtes-vous arrivée à choisir ce métier ?

D’abord, il me semble que ce métier, ou plutôt cette méthode, m’a choisie plus que je ne l’ai choisie.

Au printemps 1999, lorsque le Barreau de Nice a proposé à plusieurs Confères de suivre cette formation, j’ai eu la sensation que je cherchais cela depuis longtemps.

J’étais fatiguée de cette guerre permanente qu’est devenu le métier d’Avocat. Il faut une santé solide pour être avocat et un moral à toute épreuve. J’avais envie d’exercer mon métier autrement, de façon sereine, retrouver la fonction originelle de conseil de cette profession.

En quoi consiste-t-il ?

Très rapidement, au cours des 59 premières heures de formation que j’ai suivies avec Jacques SALZER, j’ai eu le sentiment de vivre une initiation, de m‘ouvrir à une nouvelle vie, faite d’écoute, d’empathie, de compréhension, de sincérité, de sérénité, si ce n’est de calme. Une manière d’être, l’empathie, l’art de communiquer sans violence, avec les autres.

Les principes, les techniques, qui encadrent le travail du médiateur sont autant d’outils qu’il faut avoir bien en main et dans le cœur pour être un bon médiateur.

Je ne parlerai pas de « Professionnels » de la Médiation car cela sous entend un « merchandising » qui ne me convient guère.

Au cours de toutes les formations que j’ai pu suivre au cours de ces 18 années (on se forme sans cesse en tant que Médiateur), je me suis rendue compte que, plus qu’un métier, c’est une façon de vivre, une manière d’être, que l’on (re)-découvre.

J’ai compris que cette méthode servait aussi dans la vie quotidienne.

« Combien d’heures de travail nécessite-il ? » 

Une cinquantaine d’heures pour se former et devenir un bon médiateur au sein d’un Centre de Médiation. 200 h pour être avocat-médiateur selon le C.N.B.. 250 heures pour la Fédération Française des Centres de Médiation dont nous faisons partie si l’on veut s’installer à son compte (outre la formation continue annuelle obligatoire de 20 h de formation par an dont 6 h de supervision).

Je parle de « bon médiateur » car je considère qu’il existe LA MEDIATION, tronc commun de ses différentes spécialités (famille, entreprise, société, quartier, international…) avec différents processus.

Pour les missions de médiation, je tiens des rendez-vous d’une heure trente à deux heures maximum que je renouvelle suivant les cas, leur difficulté et surtout le besoin des personnes en présence.

En moyenne, une médiation de la consommation peut durer une ou deux heures, une médiation d’entreprise entre 4 et 8 heures, une médiation familiale de 8 à 12 heures d’heures.

« Quelles connaissances/compétences faut-il pour être médiateur ? »

J’ai pour habitude de dire que l’on ne naît pas médiateur, on le devient.

Effectivement, il faut une solide formation. Un médiateur qui se déclare tel, se doit de connaître les outils et les techniques de la médiation, le droit y afférent, la psychologie, la communication non violente…

Ceci est nécessaire mais non suffisant. Il faut des connaissances et des compétences.

Les compétences pourront être celles du métier que vous exercez. Pour moi, celui d’avocat.

La médiation peut être un complément à n’importe quel exercice professionnel : avocat, professeur, médecin, infirmier, travailleur social, enquêteur, policier, huissier, notaire…

Elle n’est pas que cela.

Une maman s’en servira quotidiennement avec ses enfants. Vous vous en servirez avec vos amis, vos collègues… En toutes circonstances, il y a matière à médiation. Et ce ne sont pas les conflits internationaux qui contrediront ce constat…

Il faut, au-delà de ces connaissances et compétences, avoir le goût des autres, aimer aider les autres, être empathique (ce qui ne veut pas dire « sympathie» ou « compassion » !). Il faut avoir envie de mettre les mains dans le cambouis pour arriver à nettoyer le problème de ses composantes émotionnelles (en les recevant et en les traitant), des positions arrêtées de chacun, enlever le cambouis que chacun a sur les yeux, pour voir le problème de façon objective, tel qu’il est, pour ensuite envisager la façon dont on va le régler, le réparer, si ce n’est le résoudre.

Devenir médiateur ne s’improvise pas. C’est en cela que ce n’est pas un métier comme les autres.

« Quelles idées se font les gens de votre métier ? »

– Certains s’imaginent que nous sommes une profession attachée à l’Etat, que notre travail est bénévole, que l‘on travaille tous gratuitement, que nous sommes « Médiateur de la République ». Je vous rappelle que cette dénomination a été abandonnée pour celle de « Défenseur des Droits ». C’est tout dire !

Combien de fois, les personnes m’appelant s’enfuient en courant quand je leur dis que notre travail est payant. En effet, nous sommes, du moins dans notre centre Alternative de Médiateurs Indépendants, « indépendants », Comme ce mot l’indique, nous ne recevons ni salaire, ni subside, ni subvention, de qui que ce soit. Tout travail mérite salaire.

– D’autres, se rendant compte des services que la médiation peut rendre, même dans la vie de tous les jours, se demandent pourquoi on ne fait pas plus de publicité en sa faveur.

Certes, si nous n’attendions pas et que nous mettions les capacités de tous les centres qui gèrent les règlements amiable (ou alternatifs si on englobe l’arbitrage) des conflits (MARC) ensemble, nous aurions plus de possibilités de faire connaître les MARC.

« Comment sont-ils après avoir eu recours à vous ? »

Après nos missions de médiation, nous demandons aux participants, avec un questionnaire post-médiation, ce qu’ils ont ressenti, ce que la médiation leur a apporté … Je peux dire que la réussite totale est au bout dans 70 à 80 pour cent des missions de Médiation qui nous sont confiées. Pour les 20 à 30 pour cent restant, je ne parlerai pas d’échec tant la médiation apporte de bénéfices aux participants.

Les médieurs (ou médiants ou participants) apprennent au cours de nos rendez-vous à s’écouter, à se parler, à échanger, dans un respect mutuel. Ils ont appris à ne pas se couper la parole, à vraiment écouter leur contradicteur, à ouvrir leur esprit à l’intérêt de l’autre autant qu’au leur… Cela change la relation et rend possible la résolution du problème par les individus eux-mêmes lorsqu’ils ont compris où était leurs véritables intérêts, leurs besoins réels.

Le meilleur exemple vient de mes élèves qui ont eu l’occasion de faire une médiation :  Les clients sont enthousiasmés par la médiation, plus encore que par le travail fait dans leur dossier. Et les médiateurs eux-mêmes sont fascinés par la satisfaction qu’ils ressentent eux-mêmes à aider les autres avec les outils et les techniques de la Médiation.

Peut-on gagner sa vie avec la Médiation ?

En l’état actuel je serai tentée de dire non. C’est un complément à une autre activité ou à une autre métier.

Cependant, d’une part, certains disent déjà en vivre et, d’autre part, la place de plus en plus grande de la médiation dans notre société, fait présager qu’elle devienne rapidement un métier à part entière pour des médiateurs qui seront bien formés. Car c’est là la vraie difficulté du médiateur : suivre des formations reconnues d’excellence.

Alors oui, si vous en avez l’envie, que vous n’attendez pas que les choses vous tombent « toutes cuites dans la bouche », si vous voulez vous mettre à votre compte, et faire les démarches nécessaires pour développer votre clientèle, vous pourrez en vivre, c’est-à-dire « gagner votre vie » dans tous les sens du terme.

Venez, nous sommes là pour vous aider dans les médiations que vous déciderez de faire avec vos adversaires d’aujourd’hui qui pourront devenir vos partenaires et pour vous former à cette méthode merveilleuse.

Mon blog pour la Médiation

Il s’agit de l’extrait de l’article.

Ce blog est encore pour la Médiation, ses outils, ses techniques et tout ce qui la définit. Vous me pensez obsédée par la médiation ? Sans doute, mais elle est pour moi plus qu’un ensemble d’outils et de techniques pour permettre de renouer le dialogue entre des personnes en conflit. Elle est une façon de vivre, une philosophie de vie… Un peu comme ce soleil si loin de nous et qui nous donne tant de lumière et de chaleur.

A bientôt la suite de mon obsession « médiationiste ».

Pont de Bambous
La médiation, un pont entre deux rives