La Voix, votre instrument de médiation

Quand on enseigne la médiation, on aborde ses règles, ses outils et ses techniques et on en oublie d’aborder un de ses principaux instruments, la voix.

Canal naturel chez l’humain de la transmission de la parole, des pensées, des émotions, la voix est le premier instrument de communication que l’on évoque fort peu en médiation. La voix fonctionne comme un instrument de musique. Un instrument de musique capable d’exprimer toute une palette d’émotions, une multitude de pensées, en fonction de l’état mental, de la personnalité, de son propriétaire et du public devant lequel il s’exprime.

On dit souvent que la fonction créé l’organe ici, c’est l’organe de la voix qui sous-tend la fonction de parler. La voix est à la fois le support du langage et la représentation de la personne à qui elle appartient : Nous sommes notre voix.

Cette voix a des caractéristiques physiques, psychiques. La maîtriser est donc nécessaire pour en obtenir le meilleur

1 – les principales caractéristiques de la voix humaine :

– Les principales caractéristiques sont son timbre (sa couleur), son intonation (forte ou faible), sa tonalité (aigu ou grave), son débit (rapide ou lent), sa prosodie, c’est-à-dire sa musicalité sa sonorité, sa fréquence, et aussi son émotion, son intention… Elle traduit fidèlement la personnalité, ce qui fait de la voix un livre ouvert sur son possesseur. Elle fait ainsi partie du langage verbal et non verbal au regard de ce qu’elle laisse paraître derrière les mots prononcés, par son ton, son débit, sa hauteur, son intensité, tout ce que les mots émis ne disent pas complètement, voire ce qu’ils peuvent cacher.

2 – Le fonctionnement de la voix

La voix humaine est produite à partir d’une colonne d’air produite par le mouvement de la cage thoracique qui fait vibrer les deux cordes vocales situées dans le larynx qui les protège et les garde dans un nid douillet et souple. Elle utilise la cavité buccale et les fosses nasales. Au-dessous de la cage thoracique, l’élément le plus important qui agit comme un soufflet, bougeant avec les mouvements de notre cage thoracique inspirant et expirant, est notre diaphragme. C’est lui qui donne plus ou moins de force à notre voix selon que nous prenions peu ou beaucoup d’air. D’où la nécessité de se rappeler de la respiration des nourrissons, c’est-à-dire avec le ventre.

3 – Pour avoir une belle voix, une voix qui traduit très fidèlement ce que l’on veut dire, une voix qui ne se fatigue pas, il est nécessaire de maîtriser son instrument vocal.

– Maîtriser sa respiration

– Moduler sa voix

– Savoir la mettre au diapason

4 – Les pouvoirs qui en découlent sont étonnants et efficaces, permettant de mieux remplir sa fonction de médiateur (Le Pouvoir de la Voix, Jean Abitbol, Allary Editions, 2016). La voix a le pouvoir de :

– Traduire des émotions

– Susciter des émotions (http://etudiants.nice.fr/la-voix-humaine-un-modele-de,3497.html)

– Capter l’attention des auditeurs

– Persuader

– Séduire

– Charmer

– Entraîner les personnes autour de soi dans le sillage de nos émotions, de nos sensations, par l’effet des neurones miroirs

L’étendue des pouvoirs de la voix est prodigieux et le plus grand d’entre eux est celui de réunir les êtres vivants, de les rassembler dans un même élan pour le meilleur ou pour le pire. Un exemple dramatique est le pouvoir de la voix d’Hitler sur les foules. Un autre plus plaisant celui de la voix enchanteresse d’Elvis Presley galvanisant, charmant, la foule de ses admiratrices…

La voix est un élément indispensable dans l’éducation de l’enfant, lui permettant de devenir un être humain à part entière. Sans la voix, nous avons du mal à nous développer harmonieusement. Sous l’effet des neurones-miroirs, l’enfant copie l’adulte dans ses gestes et dans ses intonations. Vous avez déjà sans doute dit à quelqu’un « on dirait son père ! Ou on dirait sa mère ! Ils ont presque la même voix ! ». Non, ils n’ont pas la même voix, pas la même signature vocale, puisqu’elle est unique pour chacun de nous, mais ils ont imprimé dans leur cerveau les attitudes, la tonalité et les impulsions vocales de leurs parents.

Nommer les choses leur donner vie. La voix est apparentée au Verbe divin. C’est ainsi que dans la Genèse, Dieu dit à l’homme de nommer les choses qu’il a créées pour lui. En les nommant qu’il leur donne vie. Par sa voix, Adam donne ainsi vie aux choses et aux êtres. Donner un nom à un être car en le nommant, on le rend unique.

Certains modèles de médiation se servent plus que d’autres de la voix, notamment la médiation transformative (La médiation transformative, Baruck Buch et Folger, Collection Trajets, Editions Ères, 2016). Les émotions des médiants sont retranscrites telles quelles par le médiateur qui utilisera les mots et le ton de celui qui les a émis. L’effet miroir de la voix, au moyen des mots redits et du ton imité par le médiateur, peut être très efficace car le médiateur recopiant les mots et le ton du médiant fait ainsi prendre conscience à celui-ci que ce qu’il vient de dire et le ton qu’il a utilisé allaient sans doute plus loin que ce qu’il voulait réellement exprimer.

Comme on le dit souvent en médiation, il ne faut pas avoir peur de nommer les choses, c’est en les nommant, en leur donnant une ampleur, une consistance réelle, que ces choses, ces sentiments, ces émotions, peuvent être remises à leur juste place.

C’est assez fréquent en médiation. Un exemple.

Une dame âgée ne peut manifestement pas dire certaines choses. Nous avons pris soin de laisser une chaise vide pour les absents dans cette affaire. Le silence s’installe. Lui aussi est une voix : celle des absents, des non-dits… « Vous n’avez rien à dire ? Alors nous allons nous arrêter là pour aujourd’hui… » Je joins le geste à la parole, mon co-médiateur, reprenant les mêmes termes, suit le même mouvement. La dame âgée prend alors la parole et, dans un souffle avec un débit rapide et fort, elle nous jette une information aussi tonitruante que le ton qu’elle a employé pour la dire…

Ma voix était calme et ferme et mon attitude physique est venu conforter mes mots et le ton utilisé. Cela a provoqué une peur de n’être pas entendue et une réaction de défi chez la vieille dame. Elle a parlé vite et fort pour mieux se faire entendre, en se débarrassant de l’information qu’elle tenait en elle depuis des dizaines d’années. Elle l’a jetée comme on vomit. Trop lourd à porter pendant tant d’années de silence.

Sentant que quelque chose n’était pas dit, laissé sous le boisseau, j’avais orienté ma voix et mon attitude physique dans un même sens, dans un même mouvement, pour que le non-dit sorte du bois, se révèle. Quand vous laissez le silence s’installer, il devient un allié. Il vous propose des solutions, il ouvre d’autres portes que vous n’attendiez pas.

Vous remarquerez ici l’importance d’être synchrones en co-médiation.

Un autre exemple. Une femme, au bord de la crise de nerf en entendant les propos de son mari, l’interrompait une nouvelle fois brutalement.

« Non, c’est faux ! Et puis te te poses toujours en martyr ! J’en ai assez ! J’ai l’impression de tourner en rond ! »

Mon co-médiateur et moi avions ressenti lors du précédent rendez-vous cette tension extrême qui la dépassait comme une immense vague de colère qui se jette sur la plage un jour d’orage.

Nous avons pris notre voix la plus douce et la plus calme pour lui demander d’exprimer complètement ce qu’elle ressentait, comme ça lui venait. Notre ton, notre voix, notre attitude, lui donnèrent confiance et elle se lança dans une longue explication, plus calmement que lorsqu’elle s’exprimait par interjections.

Vous retrouvez ici l’effet des neurones miroirs dans la voix et le geste. Lui parlant posément, elle s’est mise au diapason. Sachant qu’on l’écoutait sans l’interrompre, qu’elle serait entendue jusqu’au bout, elle a pu plus calmement dire ce qu’elle avait sur le cœur.

Vous remarquerez que la voix n’est pas seule , elle fait partie d’un ensemble qui se veut homogène : la voix, le ton, les mots, l’attitude corporelle et le regard forment un ensemble qui ne doit pas se dissocier faute de ne plus être crédible.

On est ici au cœur du sujet : LA SINCÉRITÉ.

Vous pourrez utiliser tous les artifices vocaux, si vous n’êtes pas sincère votre corps vous trahira, votre voix vous trahira…

Pour être médiateur, il faut ressentir de l’empathie pour les médiants. Si vous n’êtes pas sincère, ils le sauront tout de suite et la médiation ne passera pas.

Alors entraîner sa voix, son attitude corporelle, c’est bien, entraîner son empathie, c’est encore mieux ! Une voix aussi belle soit elle n’est rien sans un cœur qui l’accompagne.

Les émotions en médiation

AMI-MEDIATION est entrée dans sa 10è année d’existence.
J’aborde ma 21ème année d’étude de la médiation.
L’âge de la maturité, de la réflexion et surtout de l’humilité. Pour copier GABIN, nous savons que nous ne savons rien. C’est ce qui fait la richesse d’une vie : s’enrichir en apprenant sans cesse pour s’améliorer puis transmettre ce que l’on a appris au plus grand nombre.

En cette fin de vacances, j’aborderai les émotions auxquelles est souvent confronté un médiateur, celles des médiants et les siennes.

Un médiateur doit essayer de prendre de la distance, de « monter au balcon », en restant avenant, en recevant les émotions comme la colère qui, tout autant que les pleurs, le mutisme… est une démonstration de détresse, d’angoisse ou de peur, un appel au secours, qui doit être entendu et accueilli.

Il doit aussi accueillir ses émotions. Les refouler ou ne pas les reconnaître serait une erreur. Il passerait à côté d’une écoute subtile, d’un ressenti, d’une information importante, que lui transmet sa sensibilité, son empathie, sa bienveillance, son écoute.

Je vais en heurter certains mais je le répète : Nous sommes avant tout des animaux et, dans ce genre de situations, nous devrions nous rappeler comment réagit un animal : Le chien aboie, la gazelle fuit, le lion sort ses crocs, le chat ses griffes, quand la crainte, la peur, le danger, se font sentir. Les êtres humains, les médiants, le médiateur, animaux par essence, font de même. Nous sommes naturellement des émetteurs-transmetteurs avec nos cinq sens : le toucher, le goût, l’odorat, l’ouïe, la vue, nous permettent de recevoir et de donner des milliards d’informations.

Que je dise que nous sommes comme des animaux choque ? Ou est-ce le fait que nous ayons comme eux des émotions et des sentiments ?

C’est pourtant vrai et reconnu par la science et par la loi à ce jour. L’animal est « un être sensible », doué d’émotions comme l’humain parce que les émotions font parties de la nature animale, donc humaine.

Mais revenons à notre « humanité ». Que doit (devrait) faire un médiateur, un médecin, un avocat… (Et oui nous sommes tous potentiellement des médiateurs en devenir dès que nous sommes en relation avec des personnes qui ont besoin de notre aide) dans ces cas-là ?

Tout médiateur se trouve, à un moment ou un autre, face à un médiant (médieur, médié, participant, client, patient…) au bord de la crise de nerf qui peut hurler de rage, asséner « ses quatre vérités » à son « adversaire », interrompre son contradicteur, se mettre à pleurer, se murer dans le silence. En un mot, nous sommes face à un animal traqué, à un enfant perdu.

Le médiateur doit être capable de recevoir toutes ces informations. Comment ?

1 – D’abord prendre de la distance :

  • La distance entre le client et le médiateur est indispensable. Plus facile à dire qu’à faire… C’est pourtant ce qui va nous aider à ne surtout pas agir (sauf en cas de violence physique) et, par là, à mieux comprendre les personnes que nous allons aider.
  • Ne pas se laisser happer par son ego sinon il va nous faire faire une bêtise. Donc le mettre à distance lui aussi… je dirai même, en tout premier lieu ! Ce n’est pas nous qui sommes visés, même s’ils peuvent nous prendre à partie. Mais c‘est au travers de nous que les participants font passer leur message. C’est ce que nous faisons chaque fois que nous reformulons les mots, les propos, des médiants (voir plus loin).
  • Monter au balcon, voir les choses de plus haut, à distance, ce qui nous évitera de nous impliquer personnellement dans la situation, le différend ou le conflit.
  • Regarder les participants en spectateur comme si nous étions devant un écran ou une scène, ce qui nous permettra de mieux voir ce qui se joue devant nous (bien sûr hors tout contexte de violence physique où là, au contraire, nous devrons nous interposer physiquement et/ou psychologiquement).

2 – Accueillir ce qui se joue devant nous.

  • Ne pas soi-même se mettre en colère, ne pas monter en intensité (gardez nos distances) ne pas monter sur nos grands chevaux. Nous ne ferions qu’aggraver les choses et les participants ne se sentiront pas compris. Pire, ils risquent de nous prendre pour un adversaire supplémentaire avec toutes les conséquences que cela entraîne, y compris l’abandon du processus de médiation.
  • Baisser la voix. Parler « mezzo voce », une voix douce, basse, calme. Le ton de notre voix entraînera les participants à baisser le leur et inconsciemment, ils vont peu à peu se mettre à notre niveau vocal.
  • Sourire (un sourire avenant, ni méprisant, ni complice), si cela est possible. Bien évidemment, nous n’allons pas sourire si l’un des protagonistes du conflit nous annonce qu’il a tué père et mère.
  • En tous cas, montrer à la personne que nous accueillons sa douleur, sa peur, sa colère, que nous la prenons en compte, sans pour cela l’admettre, ni abonder dans son sens.
  • Reprendre ses mots (ses maux) avec empathie, voire compassion, les énoncer, peut-être sur le même ton si besoin est. Elle se sentira comprise et cela augmentera sa confiance dans le processus et en nous.
  • Ce que nous faisons pour l’un, faisons toujours de même pour l’autre ou les autres participants pour qu’ils n’aient pas la sensation que nous prenons fait et cause pour leur contradicteur.

3 – Mettre des mots sur l’émotion, la nommer.

« Madame, vous ne voulez pas, vous ne pouvez pas parler ? »
« Monsieur, je sens de la tristesse dans vos propos, est-ce bien cela ? »
« Ce que vous venez d’entendre semble beaucoup vous déplaire ? Pouvez-vous nous expliquer ce que vous ressentez ? »

Ne pas avoir peur de nommer les sentiments, les émotions, que nous percevons, surtout quand elles ne sont pas énoncées clairement. Si nous les laissons dans le non-dit, nous les retrouverons sans cesse durant la médiation, jusqu’à cela devienne une cause d’interruption, d’abandon, de la médiation.

4 – Être un miroir pour les participants. La reformulation est le moment et le moyen idéal pour obtenir cet « effet miroir ».

Dans ce genre de situation, elle est un outil à privilégier. N’ayons pas peur d’en abuser. Prévenons nos clients que nous reformulerons systématiquement. Sinon, cela pourrait paraître tel un perroquet. Alors, expliquons. Mettons des mots sur ce que nous faisons. Expliquons que nous reformulons, que nous répétons, leurs propos, pour être sûr de bien les avoir compris, qu’eux-mêmes puissent corriger leurs propos s’ils se rendent compte qu’ils n’ont pas été entendus, et surtout pour que chacun les entendent de façon apaisée, moins « brut de béton » que lors de la formulation initiale.

5 – L’outil à user avec circonspection et à bon escient, le SILENCE.

On dit que le « silence est d’or », qu’un long silence vaut mieux que des mots » et bien d’autres citations qui le mettent au sommet de la pyramide… des outils du médiateur.

Le silence est un outil important en médiation. Savoir l’utiliser est primordial. Oui mais, quand et comment ?

Quand ?

  • A tout moment au cours d’une médiation. Ce sera un signe de respect, de réflexion et de crédibilité par les médiants. En tant que médiateur nous sommes là pour écouter, pour faire parler, pour recueillir la parole, l’expression des émotions, pas pour nous exprimer. Nous ne savons rien de leur histoire, ils sont seuls à la connaître.
  • Pour laisser les personnes réfléchir à ce qu’elles veulent dire, leur laisser le temps de « digérer » ce qui vient d’être dit. Tout le monde ne réagit pas au quart de tour. Alors faisons une pause dans le silence.
  • N’ayons pas peur de nous y installer, de nous y lover. Le silence entraînera leur parole car ils ne pourront pas le laisser perdurer.
  • Si le silence s’éternise, c’est le signe qu’il nous faut leur proposer autre chose ; peut-être un entretien séparé, un caucus, comme disent les canadiens. Ils ne voudront dire certaines choses qu’à nous seul. Les avocats sont parfois étonnés de ne pas avoir été informés par leur client de certaines choses de leur dossier. Bien souvent, mes Confrères oublient cette règle du silence et parlent trop, donnent déjà des solutions sans avoir en mains tous les tenants et aboutissants du dossier présenté par leur seul client.

Comment ?

  • En commençant par faire le silence en soi pour être capable d’écouter les silences, ceux des participants, leurs mots, leurs maux, mieux écouter leur langage non verbal, saisir cette petite moue, ce haussement de sourcil, ce soupir, que nous n’aurions pas entendu sans notre silence.
  • En respirant profondément, laisser le souffle agir en soi et sur les participants. Comme le silence, ils vont le capter, s’y unir et finir par respirer au diapason de notre souffle. Nous recouvrerons notre calme et eux le leur. N’hésitons pas à respirer « ouvertement », que cela s’entende. Cela nous aidera beaucoup et eux aussi.
  • En les regardant avec simplicité, sans jugement. Être attentif à recueillir ce « petit quelque chose » de subtil que nous pourrions percevoir. Le contact visuel, le « eye contact », est essentiel. On peut faire passer beaucoup de choses par le regard et on peut y lire beaucoup.

6 – User de nos cinq sens avec humilité :

Affinons nos cinq sens. Ils sont la clef de notre écoute et de notre perception des situations les plus diverses. Ainsi, « écouter » en chinois s’écrit avec les signes : toi, oreille, œil, attention pleine, cœur.

(Ecoute jardin des Halles : Par Pline — Travail personnel, CC BY-SA 3.0, https://commons.wikimedia.org/w/index.php?curid=11331457)

Apprendre à utiliser nos 5 sens, nous former sans cesse à la médiation, permet d’apprendre une chose essentielle : l’humilité. Indispensable au médiateur, l’humilité permet de comprendre et d’apprendre beaucoup. Savoir se taire, écouter le silence, lire le non-verbal sur le visage, les attitudes physiques des personnes que l’on rencontre, recevoir ainsi de multiples informations nécessaires à la compréhension, à l’aide, d’êtres et de situations que nous ne connaissons pas, de personnes dans la vie desquelles nous ne faisons que passer.

Se former à la médiation est essentiel pour tout le monde, pour la résolution de conflit certes mais pas uniquement. Savoir médier est important dans notre vie quotidienne, pour notre évolution personnelle. Elle est une philosophie, une manière de vivre, « a way of life » comme disent les Nord-américains. Avec cet outil, pris dans son entièreté, nous pourrions obtenir la paix en nous et autour de nous.

7 – Une petite dernière ?

Paris ne s’est pas fait en un jour. Nous ne pouvons être médiateur du jour au lendemain. Nous ne naissons pas médiateurs. Nous le devenons.

La médiation est une plante à cultiver avec respect, patience et humilité.

Au bout de 20 années à cultiver la médiation, je sais que j’ai encore beaucoup à apprendre de mes maîtres. Patience…

La médiation, le DRH et l’entreprise ?

Le quotidien de l’entreprise est un véritable défi. Se construire, se développer, s’exporter et régler en même temps les conflits dans l’entreprise, est un véritable casse-tête.

Pour y faire face, différents outils lui sont proposés : de l’assistance de spécialistes au management, du coaching au perfectionnement, en passant par l’intervention d’un tiers, tous extérieurs à l’entreprise. Pour rendre l’entreprise plus performante, ces tiers en modifieront peut être le fonctionnement, ôtant du même coup une partie de ses pouvoirs à l’équipe dirigeante. Ils trouveront sans doute des solutions mais elles ne conviendront pas forcément à tout le monde, chacun n’y ayant pas participé ou pas de la même façon.

Quel rôle pour les DRH ? Mis en cause, du moins les méthodes qu’on leur demande d’utiliser, il sont à la recherche d’instruments nouveaux plus performants que ceux qu’on leur a proposé jusqu’à présent.

Il semble que la médiation, en permettant une approche du conflit plus participative, plus coopérative, soit un des meilleurs outils offert à ce jour pour prévenir et régler les conflits au travail. Faut-il encore savoir ce qu’elle est, avec qui, pour quoi, où et comment l’utiliser ?

– Tout d’abord, une possible définition de la médiation.

La médiation est un processus qui permet à des personnes de régler elles-mêmes leur conflit dans un espace réputé amiable, neutre, au moyen d’entretiens confidentiels, en un temps et pour un coût réduits, avec l’aide d’un médiateur spécialement formé, indépendant, neutre et impartial.

La médiation d’entreprise, qu’est-ce que c’est ?

Cette médiation est apparue en France, en 1955, dans le Code du Travail, au décours de la législation concernant les conflits collectifs du travail. Aujourd’hui, il s’agit de traiter des conflits intra et inter entreprises, ceux que l’entreprise peut rencontrer avec ses fournisseurs, ses clients, les administrations, entre les membres du personnel, entre un chef d’équipe et un employé, dans une équipe ou entre équipes…

Du fait de l’évolution de la compréhension du conflit, du rejet des méthodes arbitraires et disciplinaires, de l’envie des membres de l’entreprise de participer à la régulation de la vie en entreprise d’autres voies sont recherchées. La médiation et la négociation raisonnée font partie des outils pour y parvenir.

Ainsi, en matière agricole, dans le cadre d’un litige entre agriculteurs ou coopératives agricoles, la loi oblige à un recours préalable à un médiateur avant toute saisine d’un juge.

Depuis la loi MACRON votée le 19 février 2015, la médiation devient un outil privilégié. La médiation n’est plus cantonnée aux seuls litiges transfrontaliers. Elle peut être utilisée pour tous les litiges du travail sans restriction.

La loi instituant la médiation de la consommation, applicable au 1er janvier 2016, a introduit la médiation dans le cadre des relations entre l’entreprise et ses clients consommateurs.

Avec Qui ?

Et d’abord, qu’est ce qu’un médiateur ?

Le tiers qui intervient doit être accepté de tous, ne pas avoir d’action invasive, ni de pouvoir de décision. Les protagonistes du différend peuvent être tentés de faire appel à un spécialiste qui aura la connaissance de leur matière, de leur vocabulaire, de leurs usages (automobile, transports, informatique, médecine…). Dans ce cas, il sera nécessaire de faire une co-médiation avec deux médiateurs, l’un généraliste (Candide) et l’autre spécialiste de la matière.

Généralement extérieur à l’entreprise, il est là pour écouter, comprendre, permettre aux partenaires de mieux s’écouter, dialoguer, recréer du lien entre les équipes, avec les salariés, les syndicats, les fournisseurs, les intervenants extérieurs, les administrations, entre collaborateurs, avec les actionnaires, les associés…

Le médiateur intervient dans un cadre légal, la norme européenne 2008/CE52. Il répond à plusieurs critères de formations, d’expériences, d’honorabilité et s’engage à respecter les codes de déontologie en vigueur.

Il doit avoir les qualités requises dans le code de déontologie des médiateurs comme l’indépendance, l’impartialité, la dignité, la probité, la confidentialité… qualités qui sont des principes essentiels de la conduite du médiateur.

– Ce tiers médiateur doit être valablement formé à la médiation et à la négociation raisonnée (200 h minimum sont à ce jour exigées par la plupart des organismes nationaux comme les Cours d’Appel, le CNB et le CNMA…

– Il doit respecter le Code National de Déontologie du Médiateur. Aussi impartial et neutre que possible, il ne doit pas s’impliquer dans le conflit, ne pas y avoir d’intérêt…)

Au moyen du processus de médiation et des techniques qui l’accompagnent (écoute active, reformulation, validation), le médiateur est là pour AIDER les participants à :

– appréhender le problème, en accord avec les dirigeants et les équipes dans l’entreprise,

– circonscrire le problème dans toutes ses dimensions, factuelles, humaines, matérielles,

– dépasser le conflit de personnes pour aborder et aider à comprendre le problème et ses composantes, de manière objective,

– dégager les intérêts communs des positions personnelles,

– trouver des solutions communes, faisables, fiables, pérennes et satisfaisantes pour tous.

Dans le cadre d’un conflit interne à l’entreprise, qui peut intervenir dans la posture du médiateur, où et quand?

  • La condition nécessaire est que le dirigeant ne soit pas lui-même un acteur du conflit qui s’annonce.
  • Il doit commencer par une phase d’observation.
  • L’approche du problème naissant faite par le dirigeant quel qu’il soit consistera à :

– Détecter le problème, ses composantes (intervenants, causes…)

– Observer : en pratiquant les techniques de l’« écoute active »

– Intervenir ou faire intervenir un tiers, voire un médiateur.

Au stade du traitement du conflit déclaré,

– Plusieurs questions se posent auxquelles il doit répondre avant de se positionner comme un médiateur interne à l’entreprise, en fonction :

  • de l’objet du conflit,
  • de sa position dans l’entreprise au regard du conflit,
  • de sa position vis-à-vis des intervenants à ce conflit,
  • du grand nombre d’intervenants au conflit,
  • des intervenants à prendre en compte (employés, RH, DRH, dirigeants, syndicat, associés, tiers,…)

– Les Postures du dirigeant : rester à sa place de dirigeant ou se faire médiateur ?

– S’il se fait médiateur, quelles seront son indépendance, son impartialité, sa neutralité… ?

– A partir de cette réflexion indispensable, le RH, le chef d’équipe, le dirigeant… :

a – peut intervenir,

b – ne doit, ne peut pas ou plus intervenir

– ou décider de la nécessité de faire intervenir un médiateur extérieur au conflit, voire à l’entreprise,

Où ? et décider de faire la médiation au sein même de l’entreprise ou à l’extérieur de l’entreprise pour externaliser le conflit.

Quelle que soit la situation, l’entreprise, le responsable (Président, DRH, RH, Chef d’équipe…), on doit savoir que l’on ne s’improvise pas médiateur, on n’est pas « naturellement » médiateur, on ne prend pas la « pose » du médiateur. La médiation n’est pas un gadget…

et le choix du médiateur est primordial : Le médiateur qui interviendra devra être formé aux règles (déontologie, responsabilité…), aux techniques et aux outils de la médiation et de la négociation raisonnée tels que l’écoute active, la reformulation, le questionnement…

Enfin, Comment faire une médiation ? En se formant à la médiation et à la négociation raisonnée ou en choisissant un médiateur valablement formé et reconnu.

Pour cela, il faut choisir une formation à la médiation et à la négociation raisonnée qui soit reconnue… C’est devenu plus facile depuis l’instauration de l’obligation pour les formateurs d’être datadocké !

Cela à l’air complexe mais il en va de la performance tant des employés que de l’entreprise.

Formez-vous avec AMI-MEDIATION, centre de formation datadocké

Eh oui ! AMI-MEDIATION et moi-même sommes datadockés !

Aussi pour satisfaire aux demandes de formation qui s’en suivent, nous avons mis au point deux autres sessions de formation de base à la médiation. Vous pouvez les trouver sur le site d’AMI-MEDIATION https://mediateursindependants.com (ou sur le mien) à la page « Formations » qui contient 3 sous-pages :

– Formation de base ou initiale,

Formation d’approfondissement ou de perfectionnement

Formation continue.

1 – Les dates des sessions « B » et « C » de la formation de base à la médiation

Session B : Les vendredis soirs de 17 heures à 20 heures et le samedi de 10 heures à 18 heures

Unité 1 – La Médiation, les Médiations, les 8 mars de 17 h à 20 h et 9 mars 2019 de 09 h à 17 h :  Regards croisés sur les principes, les différentes formes, les autres Modes Amiables de Règlement des Conflits, l’utilité de la médiation

Unité 2 – Les acteurs de la Médiation, les 15 mars de 17 h à 20 h et 16 mars 2019 de 09 h à 17 h : Le médiateur, les participants à la médiation, la place des avocats, la place du juge, les tiers

Unité 3 – Les bases juridiques de la médiation, les 22 mars de 17 h à 20 h et 23 mars 2019 de 09 h à 17 h : Textes de loi (européens, français…), Codes de déontologie, éthique.

Unité 4 – Le processus de la médiation de l’ouverture à la clôture et les outils de la médiation, les 29 mars de 17 h à 20 h et 30 mars 2019 de 09 h à 17 h.

Session C : Une semaine en juillet du lundi au vendredi de 9 heures à 18 heures

Module 1 – Le 1er juillet 2019 : La Médiation, les Médiations

Module 2 – Le 2 juillet 2019 : Les acteurs de la médiation

Module 3 – Le 3 juillet 2019 : Droit et Médiation

Module 4 – Le 4 juillet 2019 : Le processus de médiation

Module 5 – Le 5 juillet 2019 : Les outils de la médiation

Modalités pratiques

Durée totale 40 heures en présentiel réparties en fonction des sessions.

Chaque unité est répartie en 1/3 de théorie et 2/3 de pratique.

Les cours ont lieu à la Maison des associations de la Luna – 265 Promenade des Anglais 06000 Nice.​

Tarifs

700 € la formation peut importe la session choisie pour un adhérant

900 € la formation peut importe la session choisie pour un non-adhérant

2 – Formation d’approfondissement ou de perfectionnement

A – Modules thématiques (famille, entreprise, social…) :

1 – Le 08 février 2019 de 9h à 17 h, la Psychologie en Médiation avec Nadine REY, Avocat du Barreau de Paris, psycho-praticienne, formateur AFPDS,

2 – Vendredi 15 mars 2019 de 9h à 17 h : La Médiation et Internet, la Médiation et la Toile , un
site pour un médiateur ?, les réseaux sociaux et la médiation, Exercices (apporter son ordinateur),
avec François STAECHELE, Magistrat honoraire, Médiateur, Formateur


3 – Vendredi 05 avril 2019 de 9h à 17 h : La Médiation familiale, des histoires de Médiation, jeux de rôles, avec Marc JUSTON, Magistrat honoraire, ancien Président du TGI de Tarascon, Médiateur, Formateur


4 – Vendredi 07 juin 2019 de 9h à 17 h : – L’Ecoute Rogérienne en médiation, Principes et applications, exercices et jeux de rôle, avec Catherine EMMANUEL, Médiatrice DE, Famille et Entreprise, Formateur IFOMENE, Maître en PNL


Ensuite, (dates et lieu à confirmer en fonction des Maisons des Associations) :


5 – Vendredi 18 octobre 2019 de 9h à 17 h : La Médiation en Droit du Travail, la Médiation et les Conflits du Travail, le Médiateur judiciaire, Exercices, Jeux de rôles, avec Béatrice BLOHORN-BRENNEUR, Ancienne Présidente de la Chambre Sociale de la Cour d’Appel de Grenoble, Magistrate honoraire, Médiateure

6 – Vendredi 13 décembre 2019 de 9h à 17 h : « Ethique et Histoires de Médiation », Médiations traditionnelles et Mises en situation avec Stephen BENSIMON, Philosophe et Médiateur, Directeur de l’IFOMENE (ICParis).

Et pour tous, sous réserves des disponibilités de lieu et de date :

– Un COLLOQUE le Vendredi 15 novembre 2019 de 9h à 17h : «Le Rendez-vous des Médiations et des MARC » (8 h de formation) : Interventions de différents formateurs, Ateliers, Scènettes… et une cérémonie de remise de leur Certificat de Médiateur aux Médiateurs d’AMI (ceux ayant suivi les 200h, rendu leurs mémoires, leurs fiches de lecture et satisfait au grand oral,permanence de Médiation…).

B – Modules techniques (CNV, PNL…)

1 – Vendredi 26 avril 2019 de 9h à 17 h : Le Questionnement et ses outils en Médiation, le questionnement, la reformulation, le recadrage, la validation, exercices et jeux de rôles, avec Chantal JAMET, Avocate honoraire, Médiateure, Formatrice et Jacques SAURIN, Expert judiciaire honoraire, Médiateur​

2 – Vendredi 17 mai 2019 de 9 h à 17 h : Exercices filmés, avec tous les élèves et médiateurs : Contrôle continu et préparation des scènettes jouées lors du colloque, avec Chantal JAMET, Avocate honoraire, Médiateure, Formatrice et Jacques SAURIN, Expert judiciaire honoraire, Médiateur

3 – Vendredi 24 mai 2019 de 9h à 17 h : Les Outils et Techniques de la Médiation, la Reconnaissance réciproque, le Brainstorming ou « 3eme méninge», sortie de médiation, exercices et jeux de rôles, avec Chantal JAMET, Avocate honoraire, Médiateure, Formatrice et Jacques SAURIN, Expert judiciaire honoraire, Médiateur.

4 – Un COLLOQUE le Vendredi 15 novembre 2019 de 9h à 17h : «Le Rendez-vous des Médiations et des MARC » (8 h de formation) : Interventions de différents formateurs, Ateliers, Scènettes…avec une cérémonie de remise de leur Certificat de Médiateur aux Médiateurs d’AMI-MEDIATION (pour les élèves ayant suivi les 200h, rendu leurs mémoires, leurs fiches de lecture et satisfait au grand oral, permanence de Médiation…).

Modalités pratiques

Durée totale 140 heures en présentiel réparties sur 2 à 3 années au choix du candidat.

Chaque unité est répartie en 1/3 de théorie et 2/3 de pratique.

Les cours ont lieu à la Maison des associations « La Luna » – 265 Promenades des Anglais 06000 Nice.

Tarifs

2 100 € la formation peu importe la session choisie pour un adhérant

2 500 € la formation peut importe la session choisie pour un non-adhérant

Adhésion association AMI-Médiation 50 €​

3 – Formation continue

– SUPERVISION :

Le Jeudi 7 février 2019 de 9 h à 17h

avec Nadine REY, Avocat du Barreau de Paris, psycho-praticienne, formateur AFPDS.

– ANALYSE DE PRATIQUES :

  Le 19 Septembre 2019 de 9h à 17 h

avec Marianne SOUQUET, Médiateure, Formatrice​

Modalités pratiques

Durée 20 heures de formation continue.

Le 3è module peut être choisi dans le programme de la formation de perfectionnement, d’approfondissement.

Les cours ont lieu à la Maison des associations de la Luna – 265 Promenades des Anglais et 195 avenue de la Californie 06200 Nice.​

Tarifs

– 150 € le module de formation ou 400 € les trois modules pour la formation continue annuelle obligatoire d’un adhérent d’AMI-MEDIATION

– 180 € la formation ou 490 € les trois modules pour la formation continue annuelle obligatoire pour un non-adhérent​

INSCRIVEZ-VOUS !

Vous trouverez les formulaires d’inscriptions et les documents nécessaires à votre inscription sur le site d’AMI-MEDIATION : https://mediateursindependants.com

La médiation et l’avocat, le guide

Voici la mouture européenne du guide de médiation pour les avocats rédigée avec le concours du Conseil des Barreaux Européens (CCBE), transmise par Sylvie Mischo Fleury.

J’espère que la lecture de ce guide va enfin convaincre mes confrères de l’impérieuse nécessité de se former à la médiation, ce d’autant que l’expérience de médiation préalable obligatoire s’est étendue à d’autres juridictions dont la Cour d’Appel d’Aix en Provence…

https://www.ccbe.eu/fileadmin/speciality_distribution/public/documents/ACCESS_TO_JUSTICE/ATJ_Guides_recommendations/FR_ATJ_20180627_Guide-to-Mediation-for-Lawyers.pdf

Bonne réflexion et peut être au 19 octobre de 14 heures à 17 heures à la Maison des Associations Nice LA LUNA 265 Promenade des Anglais à NICE (06200) pour la séance d’information GRATUITE à la médiation et à la formation qui la sous-tend organisée avec notre Centre de Médiation AMI-MEDIATION (Centre de formation certifié AFAQ, formations agréées FFCM et homologuée CNB).